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Bulletin Quotidien Europe N° 13719
POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement

L'état général de l'environnement en Europe se dégrade et les projections sont mauvaises, selon un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement

L'état général de l'environnement en Europe se dégrade, selon un rapport produit par l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), lundi 29 septembre. Il s'agit du septième rapport sur l'état de l'environnement publié par l'AEE depuis 1995. L'édition 2025 révèle que « la plupart des voyants sont au rouge ».

Les écosystèmes et la biodiversité, le changement climatique, l'environnement et la santé humaine et l'économie circulaire ont été passés au crible. L'AEE en a conclu que les perspectives des tendances environnementales sont « préoccupantes et présentent des risques majeurs pour la prospérité économique, la sécurité et la qualité de vie en Europe ».

Biodiversité. Selon l'AEE, 81% des habitats, 39% des oiseaux et 62% des espèces non aviaires d'intérêt communautaire sont dans un état médiocre ou mauvais, une situation qui a tendance à empirer. Les pressions exercées par les activités humaines sont en cause : l'utilisation des ressources des terres et des mers, la pollution, dont celle par les nutriments et pesticides issus de l'agriculture...

Atteindre les objectifs (directive 'Oiseaux', directive 'Habitats', directive-cadre sur l'eau, règlement sur la restauration de la nature) semble compromis, « si les pressions humaines ne sont pas réduites, d’autant plus que le changement climatique les accentue. » 

Utilisation des terres. Le rapport établit que l'expansion urbaine reste une tendance majeure en matière d'utilisation des terres, alors même qu'elle représente de nombreux objectifs du 'Pacte vert pour l'Europe'. Entre 2005 et 2023, la superficie des zones d'habitation a, par exemple, augmenté d'environ 13%.

L'UE s'est fixé pour objectif d'arriver à « zéro gain net de terres d'ici 2050 ». L'AEE estime qu'il sera difficile de l'atteindre.

Pollution chimique et santé humaine. L'AEE a déclaré que malgré une réduction de l'exposition à certaines substances chimiques, grâce à des mesures réglementaires, le volume et le nombre de substances mises sur le marché continue d'augmenter. Il est précisé que la présence de substances telles que le bisphénol A et les PFAS dépasse les niveaux des indicateurs de sécurité dans une part significative de la population européenne et représente un « risque potentiel » pour la santé.

L'objectif 'zéro pollution' d'ici 2050 n'est pas en bonne voie, alors que les projections font état d'une augmentation des importations, de la production et de la consommation des produits chimiques. D'autant que, selon l'AEE, les connaissances sur les effets toxicologiques des substances restent lacunaires. 

Le transport et l’agriculture à la traîne. Le rapport souligne les progrès importants concernant l’atténuation du changement climatique dans l’UE, avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37% par rapport à 1990, due à une réduction des combustibles fossiles, et un doublement de la part des énergies renouvelables depuis 2005.

Néanmoins, certains secteurs de l’industrie sont toujours à la traîne, comme le transport et l’agriculture. Ainsi, en 2023, les émissions de GES dues aux transports intérieurs n'étaient inférieures que de 6% à leur niveau de 2005. Celles du secteur de l’agriculture n’ont connu qu’une réduction de 7%.

En outre, l’agriculture est responsable de 93% des émissions atmosphériques d'ammoniac de l'UE et est le principal facteur du déclin des pollinisateurs et de la dégradation des sols.

« La capacité à renforcer la résilience du secteur agricole face aux impacts du changement climatique est l'un des défis majeurs (…). Dans une certaine mesure, la combinaison de solutions naturelles et de la capacité à stocker du carbone dans l'activité agricole ou dans les sols doit être prise en compte », a déclaré la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Teresa Ribera.

Aggravation des impacts climatiques. Des efforts sont également nécessaires concernant l’adaptation au changement climatique. L’Agence européenne de l’environnement souligne, parmi les différents indicateurs clés analysés, que l’aggravation des impacts climatiques pourrait réduire le PIB de l'UE de 7% d'ici la fin du siècle. Les pertes sont estimées à 2400 milliards d'euros entre 2031 et 2050 si le réchauffement dépasse 1,5 °C.

Un autre indicateur figurant dans la catégorie 'en détérioration' concerne le risque que l’UE ne parvienne pas à atteindre son objectif d’accroissement des puits de carbone terrestres d'ici 2030, notamment au sein du règlement LULUCF (utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie).

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/io5  (Florent Servia et Pauline Denys)

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