Les organisations professionnelles du secteur de la pêche en Europe ont salué des avancées dans les mesures du ‘Pacte pour les océans’, tandis que les ONG ont regretté l’absence de nouveaux objectifs contraignants en matière de protection des ressources marines (EUROPE 13654/3).
Ainsi, pour l’organisation représentant les pêcheurs et armateurs de l’UE, Europêche, le Pacte trace une nouvelle voie pour la pêche. Europêche se réjouit de la reconnaissance du rôle essentiel de la pêche dans le cadre plus large de la gouvernance des océans. L’organisation salue particulièrement les mesures qui correspondent aux priorités du secteur européen de la pêche, dont une prochaine ‘Vision 2040 pour la pêche et l’aquaculture’ qui sera associée à la révision de la politique commune de la pêche (PCP), ou encore une approche au cas par cas pour déterminer quelles techniques de pêche sont compatibles avec la conservation des espèces et des habitats ciblés dans les zones marines protégées.
Cependant, Europêche s’inquiète de l’absence de financements publics supplémentaires pour soutenir les objectifs ambitieux du Pacte. « Le niveau élevé d’investissement requis pour la recherche, le renouvellement de la flotte et la mise en œuvre plus large des objectifs du Pacte souligne l’urgence de renforcer et d’élargir le FEMPA (Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture) dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 », estime l’organisation.
L’Alliance européenne pour la pêche de fond (EBFA) se félicite du fait que le Pacte mette l’accent sur la mise en œuvre de mesures de protection marine au cas par cas, en tenant compte des caractéristiques écologiques, économiques et sociales propres à chaque région marine, y compris en ce qui concerne les objectifs de protection stricte. Or, selon l’EBFA, cette approche est en contradiction directe avec la proposition d’élimination progressive de la pêche de fond dans les zones marines protégées (ZMP) d’ici 2030, telle qu’elle est formulée dans l’annexe du pacte, « ce qui ajoute encore à l’incertitude et à la confusion sur ce sujet ».
Les ONG demandent des mesures concrètes. Dans le camp inverse, certaines ONG déplorent le manque d’objectifs juridiquement contraignants, notamment l’absence d’un engagement clair pour protéger au moins 30% des mers de l’UE d’ici 2030, dont 10% sous protection stricte.
Dans un communiqué commun, BirdLife Europe, ClientEarth, Oceana, Seas At Risk, Surfrider Foundation Europe et WWF avertissent que, pour que cette loi soit une réussite, elle doit conduire à la mise en œuvre immédiate des engagements existants et inclure des objectifs et des seuils juridiquement contraignants.
Les six ONG estiment que le Pacte manque de mesures concrètes pour lutter contre les activités les plus néfastes dans les eaux européennes, telles que la surpêche, la pollution et les pratiques destructrices dans les aires marines protégées.
Même si le Pacte prévoit de travailler à la mise en œuvre et à l’application des législations existantes, il ne propose aucun plan d’action clair en ce sens, déplorent les ONG, qui demandent une nouvelle fois des mesures concrètes pour « éliminer progressivement les pratiques de pêche destructrices, telles que le chalutage de fond, dans les aires marines protégées ». (Lionel Changeur)