Réunis à Luxembourg vendredi 13 juin, les ministres de l’Intérieur des Vingt-sept et des pays associés s’engageront à renforcer l’espace de libre circulation Schengen dans le cadre des 40 ans de l’espace comptant désormais 29 membres, dont quatre pays tiers (la Suisse, l'Islande, la Norvège et le Liechtenstein).
Ils approuveront une déclaration en sept points, dans laquelle ils devraient s’engager à prendre toutes les mesures « appropriées pour garantir un espace Schengen attractif et sûr pour la mobilité, le commerce, la compétitivité et le tourisme, et pour veiller à ce qu'il demeure un moteur essentiel du marché unique », selon un projet du 2 juin.
« Nous défendrons la libre circulation des personnes, qui est au cœur de nos politiques Schengen, en veillant à ce que la réintroduction des contrôles aux frontières intérieures demeure une mesure de dernier recours », devraient aussi déclarer les ministres, alors qu’une dizaine de pays membres appliquent actuellement des contrôles plus ou moins stricts aux frontières intérieures et, pour certains, depuis 2015.
« Nous prendrons toutes les mesures appropriées, qu'il s'agisse d'instruments Schengen ou d'autres instruments connexes, concernant la gestion des frontières extérieures, les mouvements secondaires, les migrations, le retour des personnes en séjour irrégulier ainsi que la prévention et la lutte contre la criminalité transfrontalière, en ligne et hors ligne, le terrorisme et les menaces émergentes », indique encore l’ébauche de déclaration.
Le 14 juin 1985, la République fédérale d'Allemagne, la France, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas signaient à Schengen (ville luxembourgeoise aux frontières de l'Allemagne et de la France) un accord relatif à la suppression graduelle de leurs contrôles de personnes aux frontières intérieures.
La zone réunit en 2025 plus de 450 millions d'Européens, dont deux millions de personnes qui franchissent quotidiennement les frontières intérieures. « Stimulant la compétitivité, Schengen facilite les échanges intra-UE, qui ont dépassé 4 100 milliards d'euros en 2024, la part des exportations intra-UE étant nettement supérieure à celle des exportations internationales dans la plupart des États membres », rappelle le projet.
Les ministres devraient aussi souligner les « menaces complexes, parmi lesquelles la manipulation et l'ingérence étrangères dans l'information, l'instrumentalisation des migrations et d'autres activités hybrides » auxquelles les pays Schengen font face, « comme la numérisation rapide et les criminels et les terroristes qui exploitent de plus en plus les technologies et outils émergents ».
Ils devraient aussi souligner qu’ils décident de « qui peut entrer en Europe, et non les passeurs ou les acteurs extérieurs hostiles instrumentalisant les personnes vulnérables. Nous refuserons l'entrée et empêcherons le franchissement illégal des frontières à ceux qui n'ont pas le droit d'entrer, et nous renverrons ceux qui n'ont pas le droit de séjourner, de manière humaine et digne. Nous reconnaissons que la protection des frontières extérieures par tous les moyens disponibles contribue à la sécurité de l'ensemble de l'espace Schengen ».
Ils s’engageront encore à renforcer la dimension extérieure de Schengen « par une approche globale, comprenant une politique efficace des visas, une gestion des frontières et une coopération efficace avec les pays tiers en matière de retour et de réadmission, dans le but de favoriser des partenariats mutuellement bénéfiques ».
La déclaration mentionnera également les efforts accélérés de Chypre pour remplir tous les critères requis pour une intégration dans Schengen. (Solenn Paulic)