Les présidents du Conseil européen, António Costa, et de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, tout comme la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, ont apporté, vendredi 6 juin, leur soutien à la Cour pénale internationale (CPI), au lendemain de l’annonce de sanctions de la part des États-Unis à l’encontre de quatre magistrats de la Cour.
Les magistrates Solomy Balungi Bossa et Luz del Carmen Ibanez Carranza sont à l’origine d’enquêtes sur des crimes de guerre présumés de soldats américains en Afghanistan, et Reine Alapini Gansou et Beti Hohler ont autorisé la CPI à émettre des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et l'ancien ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant.
« La CPI ne s'oppose pas aux nations, mais à l'impunité. Nous devons protéger son indépendance et son intégrité. L'État de droit doit prévaloir sur la puissance », a expliqué M. Costa sur X. Selon Mme von der Leyen, la CPI « doit être libre d'agir sans pression ». « Nous soutiendrons toujours son travail essentiel et protégerons son indépendance », a ajouté Mme Kallas. Aucun n’a mentionné les États-Unis dans ses réactions.
La porte-parole du 'Service européen pour l’action extérieure', Anitta Hipper, a regretté profondément l'imposition des sanctions. Interrogée sur un possible recours à la loi de blocage ('blocking statute'), qui permettrait de limiter l'effet extraterritorial des sanctions américaines visant la CPI, la porte-parole a précisé que, pour l’instant, l’UE surveillait « attentivement les implications » du décret américain « avant de décider des prochaines étapes », sans préciser quelles seraient ces étapes. (Camille-Cerise Gessant)