La Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) ont revu à la baisse la première phase de leur projet visant à redimensionner, à partir de 2026, le réseau des délégations de l'Union européenne en tenant compte des priorités géopolitiques de l'UE, comme l'élargissement aux pays des Balkans occidentaux, et des contraintes budgétaires.
En début de semaine, les dirigeants de l'institution de l'UE et du SEAE ont communiqué la liste des onze délégations dont la taille sera réduite au minimum afin de n'y laisser qu'une présence diplomatique de l'UE, sans personnel local. Les pays concernés sont les suivants : Érythrée, Guinée-Bissau, Eswatini, Lesotho, Soudan du Sud, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Trinité-et-Tobago, Haïti, Koweït, Timor-Oriental et Biélorussie.
Dans ces pays, les projets de développement se poursuivront, mais seront gérés à partir de délégations qui seraient renforcées pour jouer le rôle de pôle régional ('hub'). Alors qu'un projet antérieur envisageait la création de 18 'hubs' (EUROPE 13558/4), le nombre entériné a été divisé par trois pour concerner les délégations de l'UE dans les pays suivants : Afrique du Sud, Sénégal, Côte d'Ivoire, Kenya, Fiji et La Barbade.
Les délégations de ces pôles régionaux géreront les projets de développement dans des pays voisins, y compris ceux où la présence diplomatique de l'UE sera réduite au minimum. Ainsi, le 'hub' de l'UE en Afrique du Sud couvrira le Botswana, l'île Maurice, Madagascar et le bureau des Comores ; celui du Sénégal couvrira la Mauritanie, Cap-Vert, la Guinée Conakry et la Gambie ; celui de la Côte d'Ivoire couvrira le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Liberia et la Sierra Leone ; celui du Kenya couvrira le Soudan du Sud et la Somalie ; celui de La Barbade couvrira la République dominicaine, Cuba, la Jamaïque, la Guyane et le bureau de Belize.
Des dispositions administratives seront prises pour que le chef d'un pôle régional ne considère pas le personnel chargé de travailler avec les pays où la présence de l'UE sera réduite comme du personnel à disposition.
Aucun changement n'est prévu, à ce stade, pour les délégations non mentionnées précédemment et faisant partie du réseau des 145 délégations de l'UE qui emploient 6 000 agents dans le monde. La Commission et le SEAE précisent toutefois qu'il s'agit d'une « première étape » qui courra jusqu'au futur cadre financier pluriannuel post-2027. (Mathieu Bion avec Bernard Denuit)