« Le leadership de l'Union européenne et de ses États membres n'a jamais été aussi bienvenu et le besoin n'a jamais été aussi criant », a déclaré la directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Inger Andersen, lors d’une discussion avec les ministres européens de l’Environnement sur les politiques environnementales mondiales, jeudi 27 mars.
Au moins trois rendez-vous majeurs sont attendus cette année, avec la COP30, la reprise de la cinquième session des négociations du Comité de négociation intergouvernemental (CIN) sur le 'Traité contre la pollution plastique', en août à Genève (EUROPE 13600/3), ainsi que la septième session de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Après avoir vanté les ambitions européennes en matière d'environnement, citant notamment le 'Pacte pour une industrie propre' (EUROPE 13609/2) et la 'Stratégie pour la résilience de l'eau' (EUROPE 13570/5), Inger Andersen a indiqué aux ministres ce qu'elle attendait de l'UE : 1) défendre un traité « qui mettra fin à la pollution par le plastique » ; 2) défendre la résolution 514 des Nations Unies, qui définit une « consommation responsable et durable » alors que les États membres des Nations Unies n'ont pas encore réussi à « accorder leurs violons » sur ce point ; 3) soutenir financièrement les pays en développement dans la lutte contre la pollution par le plastique.
La Commission européenne, par la voix de la commissaire à l'Environnement, Jessika Roswall, ainsi que les États membres de l'UE se sont engagés à continuer à porter une voix ambitieuse dans les négociations pour les futures politiques environnementales mondiales.
La plupart des États membres se sont montrés en faveur d'un 'Traité sur les plastiques' qui porte sur tout le cycle de vie du plastique.
La ministre française de l'Environnement, Agnès Pannier-Runacher, a souligné qu'après une année 2024 en « demi-teinte » pour la diplomatie environnementale mondiale, l'UE devra notamment « protéger les scientifiques et faire en sorte que leurs travaux ne soient pas regardés comme des opinions ». Selon elle, « le retrait américain » devra aussi amener l'UE « à rechercher de nouvelles alliances ».
Saluant l'initiative de la Norvège et du Rwanda de préparer une déclaration commune ambitieuse pour le 'Traité sur les plastiques', Agnès Pannier-Runacher a invité les ministres européens à un événement à Nice, lors de la conférence des Nations Unies sur l'océan, en juin, afin de mettre cette déclaration en avant.
Le ministre de l'Environnement du Luxembourg, Serge Wilmès, s'est dit convaincu que « l'élan » obtenu avec la formation d'une large coalition de pays poussant pour un traité sur les plastiques ambitieux se traduira par un succès à Genève.
La complexité de la situation géopolitique actuelle a poussé plusieurs États membres à rappeler que l'UE devra « rester réaliste » et se rappeler, à Genève, que « chaque action devra être financée » (Lituanie).
Dans le même esprit, la République tchèque a appelé à « rationaliser les accords internationaux » et la Grèce a estimé que les moyens de l'UE sont « limités » et que « l'objectif le plus ambitieux » sera de « conclure l'accord ». (Florent Servia)