Le Parlement européen a publié son projet de rapport d'initiative sur la résilience de l'eau, jeudi 30 janvier. Avec ce premier texte, l'institution se donne les moyens d'influencer la Commission européenne dans l'élaboration de sa stratégie, qui sera présentée d'ici cet été et pour laquelle les travaux débuteront mardi 4 février.
La stratégie européenne devra apporter des réponses au stress hydrique déjà présent en Europe (touchant 20% du territoire et 30% de la population chaque année), aux « sécheresses prolongées, aux vagues de chaleur extrêmes et aux inondations à grande échelle ».
Plusieurs objectifs européens existent déjà, tels que celui de restaurer les écosystèmes d'eau douce et 25 000 kilomètres de rivières à écoulement libre d'ici 2030.
Le projet de rapport a souligné la responsabilité de deux principaux secteurs : l'industrie, qui « représente environ 40% de l'ensemble des prélèvements d'eau en Europe », et l'agriculture, qui est « le plus grand consommateur net d'eau dans l'UE » et « la source la plus importante de pression sur les eaux de surface et souterraines, en raison de l'utilisation de l'eau et de la pollution causée par l'utilisation intensive de nutriments et de pesticides ».
Le cadre politique actuel de l'UE en la matière existe, mais est « mal mis en œuvre, sous-financé et peu appliqué », pointe le projet de rapport livré par le rapporteur, Thomas Bajada (S&D, maltais). Ce dernier, par exemple, a appelé à une mise en œuvre « complète » du 'Pacte vert européen' pour améliorer la situation.
En fait, selon l'eurodéputé maltais, la stratégie pour la résilience de l'eau doit servir à traiter la question de l'eau de manière transversale, à travers « toutes les politiques de l'UE ». Pour cela, il faudrait évaluer les conséquences de chaque politique de l'UE sur les ressources en eau.
Thomas Bajada plaide pour des mesures contraignantes.Ce qui passera, selon lui, par la lutte « urgente » contre la pollution causée par les produits pharmaceutiques, par une surveillance accrue de la pollution due aux pesticides et par l'établissement de normes sur la teneur en PFAS des eaux souterraines et des eaux de surface. L'eurodéputé appelle également le secteur agricole à transitionner vers un modèle durable.
De manière générale, l'eurodéputé exhorte la Commission européenne et les États membres à soutenir autant qu'à légiférer pour encourager les pratiques de réutilisation de l'eau.
Les parlementaires ont estimé que la gestion et le suivi « de la qualité de l’eau, des fuites, de la consommation et des ressources » pourraient être améliorés par des solutions technologiques innovantes.
Pour être efficace, la stratégie européenne pour la résilience de l'eau devra être dotée d'un « fonds distinct et dédié », selon les parlementaires, dans le prochain cadre budgétaire budget à long terme, autrement appelé cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034. L'existence d'une lignée budgétaire dédiée permettrait, selon le Parlement, d'« orienter les investissements ciblés vers des mesures essentielles à la résilience de l’eau ».
Voir le projet de rapport : https://aeur.eu/f/fbi (Florent Servia)