La nouvelle édition des 'Perspectives mondiales de l’énergie et du climat' (GECO 2024), publiée par la Commission européenne vendredi 31 janvier, indique que le monde n’est toujours pas sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques à cause des écarts de mise en œuvre entre les politiques actuelles des économies du G20 et leurs engagements.
Il existe également des écarts d’ambition, puisque ces engagements fixés dans les ‘Contributions déterminées au niveau national’ (CDN) ne permettent pas de concrétiser une trajectoire de 1,5°C fixée par l’Accord de Paris pour le climat.
« Alors que les émissions culmineront dans les années à venir dans tous les scénarios, le monde est actuellement sur la voie d'un réchauffement de 2,6°C d'ici la fin du siècle », rappelle l’étude.
Toutefois, si les pays mettent pleinement en œuvre les objectifs de leur CDN, cette augmentation pourrait être limitée à 2,3°C et « le respect des engagements de décarbonation pris au milieu du siècle pourrait la ramener à 1,8°C ».
L’étude indique que la décennie actuelle est essentielle pour maintenir l’objectif de 1,5°C, ainsi que l’alignement du nouveau cycle de CDN qui sont attendues avant la COP30 à Belém en novembre.
La CDN de l’Union européenne découlera de l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2040 sur lequel les colégislateurs devront s’accorder dans le courant de l’année. Toutefois, le délai semble court, puisque la Commission européenne doit encore présenter sa proposition législative et qu’une date indicative ne figurait pas à l’agenda repris dans la 'Boussole pour la compétitivité' publiée le 29 janvier (EUROPE 13569/9).
Une porte-parole de la Commission a néanmoins confirmé face à la presse européenne, le 31 janvier, que « le plan » restait celui de présenter le NDC de l’UE dans les temps avant la COP.
L’étude GECO 2024 présente un ensemble d'indicateurs alignés sur 1,5°C pour 2035 consistant à (1) produire de l'électricité propre ; (2) électrifier les utilisations finales et améliorer l'efficacité énergétique ; (3) décarboner les secteurs pour lesquels il est difficile de réduire les émissions ; (4) augmenter les émissions négatives.
D’ici 2035, chaque pays du G20 devrait ainsi produire, selon l’analyse, au moins 50% d'électricité d'origine non fossile et veiller à ce que l'électricité représente au moins 35% de sa consommation finale d'énergie, avec des améliorations continues de l’efficacité énergétique. De plus, ils devraient mettre en œuvre le captage et le stockage du carbone (CSC) pour traiter environ 10% des émissions industrielles.
Pour voir l'étude : https://aeur.eu/f/fbc (Pauline Denys)