Lors d’un événement consacré à la fusion nucléaire au Parlement européen organisé par le groupe CRE et présenté par Nicola Procaccini (CRE, italien) et Letitzia Moratti (PPE, italienne), jeudi 27 mars, la Commission européenne a rappelé sa volonté de présenter dans les mois à venir sa stratégie pour accélérer la commercialisation au sein de l’UE de l’énergie produite par fusion nucléaire (EUROPE 13573/11).
Cette stratégie prendra la forme d’une simple communication, comme l’a confirmé à Agence Europe Benoît Fourestié, chef d'unité par intérim à la DG ENER de la Commission. Alors que la volonté est effectivement de parvenir à une publication fin 2025, la communication pourrait toutefois sortir seulement au début de l’année prochaine.
Elle se basera en grande partie sur les orientations formulées par le 'Fusion expert group', constitué en juin 2024 afin de conseiller la Commission.
Ce groupe présentera dans les prochains jours son tout premier document d’orientation basé sur cinq principes clés : - le projet de réacteur international ITER ; - la recherche, l’industrie et l’innovation ; - le cadre réglementaire pour la fusion ; - la coopération internationale ; - la gouvernance révisée des programmes de l’UE.
Si la volonté affichée de l’UE est de s'imposer en tant que leader, la part des investissements dans le secteur est largement dominante aux États-Unis,
« Sur les 45 entreprises de fusion, 25 sont basées aux États-Unis et captent plus de 75% des investissements privés. Nous avons six entreprises basées dans l'UE, qui captent moins de 2% de l'investissement mondial », a détaillé le directeur pour les Affaires européennes de la 'Fusion Industry Association', Cyrille Mai Thanh.
Il a également mentionné que d’autres pays gagnaient du terrain dans le domaine, comme la Chine, suivie par le Japon et la Corée du Sud.
Ainsi, un rapport présenté lors de l’événement au PE sur le statut de la recherche pour la fusion nucléaire, rédigé par Piero Martin, avertit que « laisser à d'autres acteurs internationaux le soin de prendre la direction d'un actif aussi stratégique que la fusion est, pour l'Europe, extrêmement dangereux ».
L'industrie européenne appelle les institutions de l’UE à garantir la sécurité réglementaire, y compris des régimes dédiés à la fusion clairement séparée de la fission et à favoriser des partenariats public-privé efficaces.
Sur ce dernier point, la Commission européenne compte mettre sur pied un partenariat public-privé coordonné par la DG RTD (recherche et innovation) dans le cadre de l’extension du programme Euratom 2026-2027. (Pauline Denys)