Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé, jeudi 27 mars, que les alliés de l'Ukraine réunis jeudi à Paris se sont prononcés à l'unanimité contre toute levée des sanctions imposées à la Russie. Moscou fait de la levée des restrictions sur les exportations agricoles et d'engrais russes une précondition pour un cessez-le-feu partiel.
« Nous avons acté de manière unanime le fait que le temps n’était pas à la levée des sanctions, quelles qu’elles soient. Il ne saurait y avoir une politique de levée des sanctions avant que la paix soit clairement établie », a annoncé Emmanuel Macron à l’issue de la réunion, qui a accueilli les dirigeants de 23 États membres - mais pas la Hongrie -, de l’Ukraine, des représentants de six États tiers - mais pas d’Américains -, du Conseil européen, de la Commission européenne et de l’OTAN. M. Macron a précisé que les participants avaient la volonté de maintenir la pression économique, notamment sur la 'flotte fantôme' et les capacités industrielles.
« Nous allons maintenir la pression sur la Russie. Il était très clair que les sanctions resteraient en vigueur », a ajouté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Selon le chancelier allemand, Olaf Scholz, lever les sanctions serait « une grave erreur ».
Le président français a également annoncé que la Commission européenne avait décidé d’accélérer les décaissements des prêts décidés au G7 « pour permettre en particulier à l’Ukraine de financer encore plus rapidement les achats en termes d’artillerie ».
Les parties ont également souligné leur soutien à l’armée ukrainienne et travaillé sur la préparation et le suivi d’un possible cessez-le-feu. M. Macron a annoncé qu’une mission franco-britannique se rendrait « dans les prochains jours en Ukraine », dans la perspective des garanties de sécurité. Si la proposition de déployer des contingents européens en Ukraine « ne fait pas l'unanimité », il y aura « une force de réassurance de plusieurs pays européens » en cas de paix, a-t-il promis.
Toutefois, selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, il reste « beaucoup de questions » et il y a « peu de réponses » au sujet de ce potentiel déploiement. (Camille-Cerise Gessant)