Alors que l’UE vise l’élimination des importations de gaz russe d’ici 2027, le centre de réflexion Ember a souligné dans un nouveau rapport, jeudi 27 mars, que ces importations ont augmenté de 18% en 2024.
« Cent jours après l'entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne, la voie royale vers l'élimination progressive du gaz russe n'est toujours pas tracée », regrette Pawel Czyzak, responsable régional chez Ember.
Ainsi, la Commission n’a toujours pas présenté sa feuille de route pour un abandon définitif des importations de combustibles fossiles russes (EUROPE 13601/11). Ember déplore en outre la position de la Hongrie et de la Slovaquie, qui s’opposent à cet abandon « malgré l'existence d'autres options d'approvisionnement facilement disponibles ».
Les importations russes poursuivent leur progression en 2025, ajoute Ember, ce qui pourrait effectivement « menacer la trajectoire d'élimination progressive du gaz russe en 2027 », inscrite au sein du plan 'REPowerEU'.
Par ailleurs, le rapport fait remarquer que les prix du gaz ont augmenté de 59% au cours de 2024, passant de 30 à 48 EUR/MWh, entraînant une hausse des prix de l'électricité en Europe.
Ember estime ensuite que l’offre de gaz fossile de l'UE devrait dépasser la demande de 26% en 2030, essentiellement en raison d’une augmentation de 54% de la capacité d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL) et de la construction de nouveaux gazoducs.
Ainsi, 131 milliards de mètres cubes de capacité d'approvisionnement en gaz devraient être sous-utilisés dans l'UE d'ici 2030, « ce qui pourrait entraîner un gaspillage de fonds publics et une augmentation des coûts pour les consommateurs ».
Le rapport : https://aeur.eu/f/g55 (Pauline Denys)