Une quarantaine de députés, issus des rangs de Renew Europe, du PPE, du S&D et des Verts/ALE, ont écrit une lettre à l'attention d'Henna Virkkunen, commissaire chargée de la Souveraineté technologique, mercredi 19 mars, pour lui enjoindre de pousser les pays membres à évincer Huawei et ZTE des réseaux de communications 5G européens.
À la suite de l'affaire de corruption présumée qui a touché plusieurs membres du Parlement européen (EUROPE 13599/8), des voix se sont élevées pour réclamer une enquête plus poussée sur l'éthique parlementaire, au regard des mesures prises en ce sens l'année précédente, après le 'Qatargate' (EUROPE 13400/21).
D'un autre côté, la présence de Huawei et de ZTE (autre équipementier en télécommunications chinois) sur le réseau 5G européen causait déjà des soucis à la Commission, qui les considère comme des entreprises présentant un « haut risque » d'espionnage.
Les quarante eurodéputés signataires demandent à la commissaire de rendre contraignante la boîte à outils pour la sécurité de la 5G (5G Security Toolbox), qui avait été adoptée en janvier 2020 (EUROPE 12414/7). Celle-ci ne demandait pas l'exclusion de facto du réseau des deux entreprises chinoises. Aujourd'hui, seule une dizaine de pays membres les ont écartées de leurs propres réseaux.
« Ces développements alarmants soulignent la nécessité urgente d'une action décisive au niveau de l'Union pour protéger nos infrastructures de télécommunications contre toute influence étrangère indue et contre les risques de sécurité. La présence continue de ces fournisseurs dans nos réseaux constitue une menace importante pour la sécurité, exacerbée par leurs liens étroits avec l'État chinois », écrivent les députés.
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/g10 (Isalia Stieffatre)