Une quinzaine d'eurodéputés sont soupçonnés d'avoir accepté des « pots-de-vin » de la part de l'entreprise Huawei, géant chinois de la téléphonie et des télécommunications, selon le site d'information néerlandais Follow The Money, dans une enquête publiée jeudi 13 mars.
Tôt dans la matinée, la police fédérale belge a annoncé avoir perquisitionné les bureaux et les domiciles des lobbyistes de Huawei à Bruxelles, ainsi qu'au Portugal. À ce stade, aucune perquisition n'a été menée au sein du Parlement.
« Les nouvelles allégations de corruption portées aujourd'hui contre le Parlement européen montrent que celui-ci n'a pas su tirer de leçons significatives de ses précédents scandales de corruption », a déclaré Amnesty International, faisant référence à l'affaire du Qatargate (EUROPE 13082/1).
Interrogée, la Commission européenne a déclaré n'avoir aucun commentaire à faire sur l'enquête en cours et a réitéré « l'importance cruciale » de la sécurité du réseau de communications 5G européen.
Huawei est considérée par la Commission européenne comme une entreprise présentant un « haut risque » d'espionnage en raison de sa proximité avec le gouvernement chinois.
En juin 2023, le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, avait appelé les Vingt-Sept à bannir Huawei et ZTE de leurs réseaux mobiles, décision contestée par la firme chinoise (EUROPE 13202/3).
L'actuelle commissaire chargée de la Souveraineté technologique, Henna Virkkunen, avait exprimé, lors de son audition au Parlement européen, son insatisfaction quant au degré de mise en œuvre par les pays membres de la « boîte à outils sur la 5G », qui préconisaient l'exclusion de Huawei des réseaux européens. (Isalia Stieffatre)