Lors d’un débat en session plénière du Parlement européen à Strasbourg consacré au plan d’action de la Commission européenne pour des prix abordables de l’énergie (EUROPE 13588/3), jeudi 13 mars, plusieurs eurodéputés des groupes PPE, CRE et de La Gauche ont appelé à reconsidérer le lancement du système d’échange de quotas d’émission 2 (ETS 2), visant à couvrir les émissions des secteurs du transport et des bâtiments.
Rejoignant ainsi la position de plusieurs États membres, comme la Pologne et la République tchèque souhaitant reporter la mise en place de l’ETS 2, prévue par la Commission européenne en 2027, Peter Liese (PPE, allemand) a déclaré que ce nouveau marché carbone « n’est pas ce dont nous avons besoin ».
Il a appelé plus globalement à « maîtriser les prix de l'électricité » afin d’être « moins dépendants de la Russie, de l'Azerbaïdjan, du Qatar et d’autres fournisseurs problématiques », et à favoriser efficacité énergétique.
Pour Daniel Obajtek (CRE, polonais), la solution pour faire face aux prix élevés de l’énergie pour l’industrie européenne consiste à réviser le système ETS le plus rapidement possible, car « nous ne pouvons pas avoir d’institutions financières qui augmentent les prix de l’ETS (...) et il faut plutôt transformer le système en investissements ».
Sa collègue Anna Zalewska (CRE, polonaise) a annoncé, à l’issue du débat, que le groupe allait présenter un projet de résolution sur l’abandon de l’ETS 2.
Dario Tamburrano (La Gauche, italien) a également mis en garde contre l’augmentation artificielle des prix du gaz « pour réorienter les choix énergétiques et réduire les émissions », que causerait le système ETS au cours de la décennie.
Il s’est dit, avec son groupe, « très favorable à la décarbonation des transports, du chauffage et de la climatisation », mais a appelé à veiller à ce que les prix restent supportables pour les familles et les entreprises et à envisager des allègements fiscaux.
Il a donc estimé utile de réviser l'ETS, considérant que le 'Fonds social pour le climat' n'est « probablement pas suffisant » pour compenser les impacts financiers du système. En outre, il a appelé à découpler les prix de l’électricité de ceux du gaz.
Au nom de son groupe, Dan Nica (S&D, roumain), quant à lui, a souligné l’importance de la transparence sur les marchés du gaz. Christophe Grudler (français), pour le groupe Renew Europe, a demandé de mobiliser tous les leviers publics pour développer les réseaux électriques. Rappelant la position des Verts/ALE, Kira Marie Peter-Hansen (danoise) a appelé à supprimer les obstacles qui empêchent « que l’électricité verte soit diffusée dans nos réseaux ». (Pauline Denys)