La secrétaire générale adjointe de l’OTAN, Radmila Shekerinska, a rappelé, jeudi 20 mars, que les Européens ne devaient pas tourner le dos à l’Alliance.
« Nous nous félicitons que l’on monte en puissance pour prendre plus de responsabilités en matière de sécurité collective, mais cela ne veut pas dire que faire cavalier seul serait une stratégie gagnante, que ce soit pour les Européens ou les États-Unis, les enjeux sont trop élevés », a-t-elle souligné devant la commission ‘Sécurité et Défense’ du Parlement européen.
Mme Shekerinska a mis en avant un « pilier européen plus fort dans une alliance de l’OTAN plus forte, car la relation transatlantique est la pierre angulaire de la stabilité mondiale ».
Ainsi, s’il est important que l’UE prenne plus de responsabilités dans sa défense, et de se serrer les coudes pour être plus forts, il faut, selon la secrétaire générale adjointe, s’appuyer sur les forces respectives des organisations. À l’OTAN : la sécurité « pure et dure », la force militaire, les capacités de défense, les normes... L’UE, de son côté, peut « utiliser son levier économique unique pour doper la production de défense et l’innovation ».
Mme Shekerinska a estimé qu’il était « inconcevable » de rester en sécurité sans le Canada, l’Islande, la Norvège, le Royaume-Uni, la Turquie et les États-Unis. « Ce n’est pas une question de géographie, mais une question d’argent, de capacités, de crédibilité », a-t-elle prévenu, ajoutant qu’étant donné les défis auxquels les Alliés faisaient face, il fallait que toute la famille transatlantique soit réunie.
Alors que les Alliés pourraient s’engager, lors de leur sommet de fin juin, à augmenter fortement leurs dépenses de défense, la secrétaire générale adjointe a rappelé qu’on ne pouvait pas défendre un pays avec des pourcentages de PIB. « Pour mener un combat, on a besoin de capacités militaires(...) plutôt que de parler de 2% PIB, concentrons nous sur ce que nous devons mobiliser grâce à ces dépenses de défense », a-t-elle expliqué, espérant un accord début juin sur de nouveaux objectifs de capacités entre les Alliés. (Camille-Cerise Gessant)