La Commission de la culture et de l’éducation du Parlement européen a organisé, mercredi 19 mars, un échange de vues sur l'avenir des alliances d'universités européennes. Cette initiative est en partie financée dans le cadre d’Erasmus+ afin d’améliorer la visibilité des établissements européens et de renforcer la compétitivité de l’UE en matière d’enseignement supérieur et de recherche.
Les discussions relatives au rapport d'initiative pour une nouvelle vision des alliances universitaires européennes ont révélé une volonté de la part des eurodéputés de favoriser le financement - plusieurs élus en ont souligné les limites - et la consolidation de ces alliances à un élargissement potentiel.
Laurence Farreng (Renew Europe, française), rapporteur sur le sujet, a ainsi déclaré : « Je me pose la question de la pertinence de continuer à augmenter le nombre d'alliances. Je pense qu'avant tout, il est important de consolider ces alliances pour qu'elles puissent développer tout leur potentiel ».
Aussi, elle a appelé à œuvrer pour un rapprochement plus important entre les directions générales de l’Éducation et de la Culture (DG EAC) et celle de la Recherche et de l’Innovation (DG RTD) de la Commission européenne afin de soutenir la souveraineté européenne. Il s’agirait ainsi d’être en mesure de s’imposer face aux États-Unis, à l’heure où les relations transatlantiques se délitent.
De même, Manuela Ripa (PPE, allemande), rapporteur fictif, a rappelé l’influence de ces alliances dans la formation de chercheurs et techniciens de rang mondial : « Pour que ces projets deviennent des coopérations stables à long terme, il faut réduire les obstacles administratifs et garantir un statut juridique adéquat pour ces alliances ».
Aussi, un financement prévisible qui combine enseignement et recherche constituerait, selon l’élue, un facteur de réussite.
D’après le représentant de la Commission européenne qui a présenté les résultats d'un premier rapport de suivi des alliances, « l’émergence d'obstacles juridiques et administratifs » entrave le développement des alliances. « Il faut s’efforcer d’atteindre une majorité de la population estudiantine et d'augmenter le taux de mobilité inter-alliances », a-t-il déclaré.
Sabrina Repp (S&D, allemande) elle aussi rapporteur fictif, a pointé du doigt elle aussi le besoin d'un cadre financier stable et prévisible.
« Une réussite sur le long terme nécessite du temps et des ressources. Il faut garantir la continuité et éviter une incertitude budgétaire », a-t-elle argumenté.
Elle a également plaidé pour la mise en place d'un statut juridique permettant une meilleure intégration des institutions membres.
Par ailleurs, le représentant de la Présidence polonaise du Conseil de l'UE, le professeur Andrzej Szeptycki, a rappelé que les alliances devaient permettre aux universités de tester les principales propositions de la Commission européenne, notamment sur le diplôme européen et le statut juridique des alliances.
« Les discussions concernant le diplôme européen doivent aller vers une simplification de la charge administrative, et non l’inverse », a-t-il déclaré, prévenant des risques d’une trop grande complexité administrative. (Nithya Paquiry)