Un premier tour de table s'est tenu sur le Cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027 et sur les nouvelles ressources propres, lors du dîner entre les chefs d'État ou de gouvernement européens, jeudi 20 mars.
Tout l'enjeu du prochain CFP consistera à rembourser Next Generation EU (dès 2028) tout en finançant les nouvelles et les anciennes priorités politiques.
À ce stade préliminaire des discussions, les solutions apportées par les États membres divergent. En sortie de sommet, par exemple, le président français, Emmanuel Macron, s'est dit « favorable » à « un nouvel emprunt commun » alors que l'Allemagne et les Pays-Bas ont déclaré s'y opposer. Selon le chef d'État français, il sera « impossible » de mener de front « le mur d'investissement sur la décennie qui vient » et « le remboursement des prêts Covid » sans cet emprunt commun. Par ailleurs, selon Emmanuel Macron, la zone euro reste « très très sous-endettée par rapport aux États-Unis » et « n'utilise pas assez le levier financier ».
Pendant que le chancelier allemand, Olaf Scholz, estimait, en conférence de presse, que « la marge de manœuvre n'était pas si grande », la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré qu'il faudrait « clarifier » la question des nouvelles ressources propres (NRP), qui est « sur la table du Conseil depuis 2021 ». Le 6 mars, déjà, lors du sommet extraordinaire sur la défense et le soutien à l'Ukraine, le chef d'État français soutenait l'adoption de NRP, dont une taxe numérique (autrement appelée taxe 'GAFA') (EUROPE 13594/18).
Le prochain budget de l'UE sera-t-il plus ambitieux ou forcera-t-il les États membres à faire des choix entre les priorités politiques ? Les positions s'annoncent plus éclatées que par le passé avec l'arrivée des priorités relatives à la sécurité, à l'autonomie stratégique et à la compétitivité.
Il y avait les « frugaux » et les « amis de la cohésion ». Les défenseurs de l’adoption de nouvelles ressources propres, voire d’un nouvel emprunt commun, intègrent l’équation, se distinguant des États de la cohésion, qui ne sont pas forcément favorables à de nouvelles ressources propres.
Les 'frugaux' ont estimé qu’il s’agira de faire des choix. « Si nous voulons être prêts à assumer de nouvelles tâches, il faut être prêts à annuler les anciennes », a prévenu la Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen. Dans le même registre, le Premier ministre belge, Bart De Wever, a appelé l'UE à « faire attention à la dette », tout en précisant qu'« au bout du chemin, il faudra faire des choix ». Selon lui, « le défi budgétaire est gigantesque » et la négociation sera « difficile ».
La proposition de la Commission européenne est attendue en juillet (EUROPE 13577/20). (Florent Servia)