Présente du 17 au 20 mars à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW69), la délégation de la commission du Parlement européen consacrée aux droits des femmes (FEMM), menée par sa présidente, Lina Gálvez (S&D, espagnole), a organisé un événement parallèle, mardi 18 mars, consacré à la réalisation des objectifs de la Déclaration de Pékin, résolution onusienne qui actait, il y a trente ans, un plan d'action pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
Au cours d'un premier panel intitulé 'Combattre les violences de genre à l'ère numérique', les intervenantes se sont accordées sur l’urgence de lutter contre ces formes de violences, qui vont du harcèlement en ligne à la diffusion de contenus non consentis.
« Nous savons que les plateformes numériques sont devenues des lieux de violences systématiques contre les femmes, notamment les femmes politiques, les journalistes et les militantes », a déclaré la sous-secrétaire générale des Nations Unies et directrice exécutive adjointe d'ONU Femmes, Kirsi Madi.
Cette dernière a rapporté que 73% des femmes journalistes ont été victimes de cyberviolences - d’après les chiffres de l’UNESCO de 2021 -, tandis que 58% des femmes parlementaires en Europe ont subi des attaques en ligne, selon une étude publiée en 2018 par le Conseil de l’Europe .
L’eurodéputée française Mélissa Camara (Verts/ALE) a partagé son expérience personnelle : « J'ai dû quitter Twitter en raison du flot incessant d'insultes sexistes, racistes et homophobes. Cette réalité dissuade les femmes de s'engager dans la vie publique ».
Au fil des interventions, une action collective impliquant institutions, société civile et entreprises technologiques est apparue comme la voie à suivre.
Et pour cause, ainsi que l'a rappelé Eleonora Meleti (PPE, grecque), « la cyberviolence n'est pas qu'un problème virtuel ; elle a des conséquences réelles et systémiques sur la liberté d'expression et la démocratie ».
Pour endiguer ces fléaux, l'Union européenne tend à apporter des réponses législatives. La directive sur la lutte contre les violences de genre de 2024 fait de la cyberviolence un délit à part entière.
Par ailleurs, le 'Digital Services Act' (DSA) impose désormais des obligations aux grandes plateformes numériques pour limiter la propagation des contenus haineux et des 'deepfakes' à caractère sexuel.
« Ce qui est illégal hors ligne doit aussi l'être en ligne », a rappelé Lina Gálvez. (Nithya Paquiry)