login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13604
Sommaire Publication complète Par article 18 / 41
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Christine Lagarde recommande « une intégration plus étroite » avec le reste du monde et au sein de l’UE pour faire face à la guerre commerciale américaine

« La réponse au changement actuel de la politique commerciale des États-Unis devrait être une intégration commerciale plus poussée, et non moins poussée, avec les partenaires commerciaux du monde entier, mais aussi au sein de l'Union européenne », a recommandé Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, jeudi 20 mars (EUROPE 13599/3).

« L'intégration commerciale, y compris les accords de libre-échange, a été un moteur de la prospérité économique et peut protéger contre les mesures commerciales unilatérales », a-t-elle ajouté.

Elle a indiqué que le virage protectionniste des États-Unis provoque une incertitude exceptionnellement élevée. « L'augmentation des frictions commerciales est préjudiciable à la croissance mondiale et au bien-être. Elles augmentent les coûts, perturbent la production et conduisent souvent à un ajustement de la chaîne d'approvisionnement, ce qui encourage également une surenchère des politiques punitives, sapant encore davantage les avantages du libre-échange », a-t-elle estimé. La zone euro, qui est très ouverte au commerce et profondément intégrée dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, notamment avec les États-Unis, est particulièrement exposée aux changements de politique commerciale.

Selon les estimations de la BCE, qui sont soumises à une très forte incertitude, d'après sa présidente, un droit de douane américain de 25% sur les importations européennes vers les États-Unis réduirait la croissance de la zone euro d'environ 0,3% la première année. De plus, une réponse européenne sous la forme d'une augmentation des droits de douane sur les importations américaines porterait ce chiffre à près de 0,5%. À court terme, les mesures de rétorsion de l'UE et un taux de change de l'euro plus faible, résultant d'une baisse de la demande américaine adressée à l'Europe pour des produits européens, pourraient faire augmenter l'inflation d'environ 0,5%.

Interrogée par Gaetano Pedulla' (La Gauche, italien) sur l’hétérogénéité de l'impact de la politique américaine, Mme Lagarde a rappelé que, dans l'ensemble, 17% des exportations européennes sont destinées aux États-Unis. « Il s'agit d'un commerce à double sens, mais aussi d'un commerce à deux niveaux, où nous importons plus de services que nous n'en exportons, et où nous exportons plus de biens que nous n'en importons, mais en fin de compte, c'est presque un match nul entre les deux », a-t-elle considéré.

Concernant l’euro numérique, évoqué à plusieurs reprises au cours de l'échange, Mme Lagarde a estimé qu’il fallait accélérer sa mise en place, tant au niveau du commerce de gros que du commerce de détail, ainsi que de l'infrastructure de paiement (EUROPE 13600/14). Elle souhaite en effet éviter que « l’UE ne dépende de quelqu'un d'autre qui déciderait si nous avons le droit ou non de continuer à fonctionner sur la base de solutions non européennes existantes ».

En réponse à la question de Jonás Fernández (S&D, espagnol) sur « l'Accord de Mar-a-Lago », qui se fonde sur une dette perpétuelle et une dévaluation du dollar, Mme Lagarde est restée prudente, car les informations sur cet accord sont floues et cela manque de substance. Elle conseille de se préparer à tout et de renforcer les capacités de l'UE. (Anne Damiani)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
Invasion Russe de l'Ukraine
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
CONSEIL DE L'EUROPE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES