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Bulletin Quotidien Europe N° 13584
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

L’absence d’ambition en matière de budget dans la vision sur l’agriculture inquiète les parties prenantes de l’UE

De manière générale, les organisations agricoles et les eurodéputés ont plutôt bien accueilli certains aspects de la ‘vision’ de la Commission européenne sur l’agriculture et l’alimentation, notamment s’agissant de la réciprocité des normes de production ou l’attention portée au secteur de l’élevage. Les regrets portent surtout sur l’absence d’indications sur le volume des crédits de la politique agricole commune (PAC) après 2027. 

Les ONG, quant à elles, sont bien plus critiques sur ce document adopté mercredi 19 février (EUROPE 13583/5). 

Un budget aux abonnés absents. Selon l’eurodéputée Céline Imart (PPE, française), l’omission des aspects du budget de la PAC « est loin d’être anodine ». Elle laisse présager, selon elle, « une dilution de cette politique dans un grand plan unique propre à chaque pays européen, alors qu’il faudrait, au contraire, sanctuariser un budget fort, commun et adapté aux défis agricoles ». Benoît Cassart (Renew Europe, belge) a estimé que si « nous ne nous voulons pas que cette vision ne soit que des mots, nous avons besoin d’un budget ambitieux pour la PAC ».

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) mettent aussi en garde contre les dangers de la fusion des fonds (agricole et de la politique de cohésion) et de l'établissement de plans nationaux budgétaires uniques. La 'vision' ne mentionne pas le budget de la PAC et les références au deuxième pilier (développement rural) et à son financement sont tout simplement absentes de la version finale de la communication. « Les ambitions et les propositions ne serviront pas à grand-chose sans une PAC solide », selon le Copa-Cogeca.

Le groupe de réflexion Farm Europe estime qu'« il manque un signal clair concernant le budget de la PAC ». Le renforcement de l'autonomie stratégique de l'agriculture de l'UE nécessite, selon l’analyse du centre de réflexion, de « mettre fin à des décennies de réduction du budget de la PAC. Il est essentiel de s'engager à compenser l'impact de l'inflation qui, entre 2021 et 2027, a entraîné une perte de plus de 85 milliards d'euros ».

Incohérences. Certains eurodéputés et des organisations professionnelles estiment que la volonté de signer l’accord UE/Mercosur apparaît comme une incohérence dans cette 'vision'. La Commission « reconnaît qu’il y a un manque de réciprocité et une concurrence déloyale et qu’il est nécessaire d’aligner les normes de production appliquées aux produits importés. Pourquoi alors veut-elle signer un accord avec les pays du Mercosur, qui ont clairement dit qu’ils s’opposent à toute clause miroir ? », souligne Benoît Cassart. Il salue le fait que la 'vision' confirme la volonté de se doter d’une stratégie pour l'élevage qui respecte la diversité. Toutefois, il sera essentiel, selon lui, de ne pas favoriser des solutions qui auront pour conséquence de « réduire les cheptels afin de réduire les émissions de CO2, car cela ne ferait qu’augmenter les importations en délocalisant notre production de CO2 au lieu de véritablement la réduire ». La Fédération européenne des fabricants d'aliments composés (FEFAC) a notamment salué l'accent mis sur l'élevage pour favoriser l'avenir à long terme du secteur.

Réciprocité des normes. La plupart des organisations agricoles ont salué la volonté de la Commission d’obtenir une réciprocité des normes de production, s’agissant des produits agricoles importés. L’organisation Euroseeds se félicite de l'accent mis sur les innovations en matière de sélection végétale et sur les éléments suivants : garantir un secteur agricole attractif et renforcer la compétitivité en garantissant des conditions de concurrence équitables dans le commerce mondial et en alignant les normes de production pour les produits importés sur les réglementations de l'UE.

L’association CELCAA (European Liaison Committee for Agricultural and Agri-Food Trade) se dit, au contraire, préoccupée par les références à l'alignement des normes de production pour les produits importés. « Les différents pays et régions du monde ont leurs propres avantages, défis et conditions de production », selon cette organisation.

En outre, les organisations accueillent positivement la volonté de développer un système d'approvisionnement en protéines autosuffisant et durable au sein de l'UE.

Un manque d’ambition. La Coordination européenne Via Campesina est satisfaite de la volonté d’améliorer les prix payés aux paysans et de répartir plus équitablement les subventions, mais critique les « mécanismes de crédits nature » ou encore le souhait de développer les nouvelles techniques génomiques (NTG).

Le Bureau européen de l’environnement (BEE) regrette, lui, l’absence de mesures audacieuses convenues à l’unanimité lors du dialogue stratégique sur l’agriculture. Le BEE est préoccupé notamment par un manque de mesures et d’objectifs environnementaux. (Lionel Changeur)

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