Les eurodéputés de la commission de la culture et de l’éducation (CULT) ont échangé, jeudi 20 février, avec la vice-présidente de la Commission européenne chargée de l’Éducation, des Compétences et de la Préparation, Roxana Mînzatu, dans le cadre du premier dialogue structuré de son mandat.
Si la vice-présidente Mînzatu s’est voulue rassurante sur la place majeure de l’éducation dans le projet européen, les eurodéputés ont exprimé des préoccupations sur la pérennité des financements et sur l'impératif de rendre ces programmes plus inclusifs et accessibles à tous.
Ainsi, Zoltán Tarr (PPE, hongrois), qui a soutenu l'intérêt d'une éducation pour la cohésion européenne et la lutte contre la désinformation, a interrogé Roxana Mînzatu sur l’utilisation des fonds.
Cette dernière a confirmé son engagement à préserver ces financements et a, en ce sens, insisté sur le rôle prépondérant de l’'Union des compétences', qu’elle présentera le 15 mars et qui place l’éducation avant toute chose.
Erasmus+ : vers plus d’accessibilité ? Les inquiétudes budgétaires ont également concerné le programme Erasmus+, pierre angulaire de la mobilité étudiante en Europe.
Emma Rafowicz (S&D, française) a alerté sur la précarité croissante des jeunes, appelant à un soutien renforcé pour leur autonomie financière : « Aujourd’hui, la précarité des jeunes est un constat européen ».
Roxana Mînzatu a reconnu ces difficultés et a assuré de sa volonté de rendre Erasmus+ plus inclusif : « Il faut qu’Erasmus devienne un outil qui permet de toucher plus de catégories. Il ne faut pas que ce soit un outil élitiste ».
Elle a également évoqué des discussions avec la Banque européenne d’investissement et le Fonds social européen+ pour mieux articuler les financements et garantir un meilleur accès aux bourses.
Conditions de travail des jeunes et du corps enseignant. En outre, la question des conditions de travail des jeunes et des enseignants a été mise sur la table par Anthony Smith (La Gauche, français), qui a plaidé pour des mesures plus strictes sur les stages non rémunérés et les protections des jeunes en entreprise.
Roxana Mînzatu, qui a affirmé son soutien à une directive ambitieuse sur les stages, a confirmé qu’un plan spécifique pour les enseignants serait présenté en 2025 et qu'il miserait sur l’attractivité de la profession : « Sans enseignants bien formés et bien rémunérés, il sera impossible d’atteindre nos objectifs en matière de compétences et de compétitivité ».
À propos de l’harmonisation des diplômes universitaires en Europe, Laurence Farreng (Renew Europe, française) a interrogé la commissaire sur l’avenir des alliances d’universités européennes et la reconnaissance des qualifications.
Roxana Mînzatu a confirmé son engagement à renforcer ces alliances et à améliorer la reconnaissance des diplômes : « Nous devons trouver un équilibre entre approfondir les alliances existantes et en accueillir de nouvelles ». Elle a également mentionné une future recommandation du Conseil pour une meilleure reconnaissance automatique des qualifications.
Évoquant la question de la baisse des performances scolaires en Europe, Malika Sorel (PPE, française) a demandé des mesures pour lutter contre cet effondrement, notamment en lecture et mathématiques.
La vice-présidente a répondu que cette problématique serait intégrée dans le 'Plan d’action sur les compétences de base', qui sera présenté en même temps que l’'Union des compétences', et a soutenu un renforcement de l’éducation numérique. (Nithya Paquiry)