Les députés de la commission de la culture et de l'éducation (CULT) du Parlement européen ont exprimé leurs inquiétudes face à une possible réduction des financements pour la culture et la jeunesse, lors du premier dialogue structuré avec le commissaire européen chargé de l'Équité intergénérationnelle, de la Culture, de la Jeunesse et du Sport, Glenn Micallef, mercredi 19 février.
Ces inquiétudes sont notamment nourries par les discussions en cours sur le prochain cadre financier pluriannuel et les spéculations selon lesquelles certains programmes, dont Europe Créative, pourraient être absorbés dans un fonds plus large, risquant ainsi de perdre en visibilité et en spécificité.
« Les industries créatives ont peur que l’on mette beaucoup moins de fonds à leur disposition », a alerté Zoltán Tarr (PPE, hongrois).
Emilie Rafowicz (S&D, française) a également dénoncé le risque pesant sur le programme Europe Créative, qui pourrait être dilué dans un fonds plus large et perdre ainsi sa spécificité.
Face à ces préoccupations, Glenn Micallef a assuré que « le budget doit avoir un impact, se fonder sur les résultats et être bien ciblé » et que des efforts seront faits pour « optimiser l’efficacité des programmes phares comme Erasmus+, le Corps de solidarité et Europe Créative », notamment par le biais de la future « boussole culturelle » qui aidera à « guider les objectifs en lien avec le financement de la culture ».
Il a également assuré les élus de son engagement en faveur du programme Erasmus+, dont il a salué les conséquences sur la mobilité et la formation des jeunes européens.
Selon Nikos Pappas (La Gauche, grec), une simplification des démarches administratives pourrait permettre à un plus grand nombre de jeunes et d'organisations de bénéficier du programme.
Glenn Micallef a rappelé la consultation publique en cours, visant à améliorer l’accessibilité de ces initiatives.
Lutte contre le cyberharcèlement. Le commissaire a également évoqué le plan d’action contre le cyberharcèlement.
Il a rappelé que « la haine n’a pas sa place dans notre société, qu’il s’agisse du monde physique ou en ligne », avant de plaider pour la définition d’une approche commune à l’échelle européenne pour mieux lutter contre ce fléau.
En outre, Diana Riba i Giner (Verts/ALE, espagnole) a soulevé la question de la liberté artistique, citant la censure croissante dans certains États membres et la nécessité de protéger l’autonomie culturelle en Europe : « protéger l’autonomie culturelle, c’est protéger la démocratie », a-t-elle affirmé.
Le commissaire européen a reconnu des « évolutions inquiétantes » et a assuré que cette question serait intégrée dans la « boussole culturelle », futur cadre stratégique pour la politique culturelle européenne.
Une 'boussole' pour l’avenir de la culture. « On a déjà commencé à travailler sur cette 'boussole culturelle' et, fin mars, nous organiserons une consultation avec les parties prenantes clés », a-t-il affirmé.
Et d’avancer que si « la culture est un élément stratégique essentiel pour l'avenir de l'Europe, pour laquelle cette 'boussole' devrait permettre de donner des orientations claires, une vision de long terme, cela nécessite toutefois (...) un engagement de la part des États membres et du Parlement européen ».
« Le soutien de votre commission sera essentiel » a ainsi affirmé le commissaire Micallef. (Nithya Paquiry)