Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a expliqué, jeudi 20 février à Washington, que la réciprocité des tarifs douaniers devrait profiter à la fois à l'UE et aux États-Unis, après des entretiens avec le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, et Jamieson Greer, nommé au poste de Représentant américain pour le commerce extérieur, ou encore le directeur du Conseil économique national (NEC), Kevin Hassett.
Cette « réciprocité doit être bénéfique pour chacun », a souligné le commissaire lors d'une conférence de presse.
Alors que le président américain, Donald Trump, a annoncé que les Européens avaient accepté de baisser leurs droits de douane sur les automobiles, M. Šefčovič a nié cette baisse, même s'il a indiqué que l'UE était prête à en discuter, si les États-Unis étaient ouverts à abaisser les droits appliqués aux pick-up et camions, qui sont de 20 à 25%.
Selon le commissaire, les Américains sont « très ouverts à la discussion sur tout ce qui concerne la réduction des droits de douane ». « Nous sommes prêts à nous engager », a-t-il promis, se disant prêt « à examiner comment nous pouvons réduire les droits d’importation pour tous les produits industriels ».
M.Šefčovič a aussi incité le président américain « à ne pas se cibler l'un l'autre » sur l'acier et l'aluminium, estimant qu'il fallait plutôt se concentrer sur la surcapacité de production « de plus de 600 millions de tonnes » de la Chine.
Alors que Donald Trump dénonce le déséquilibre de la balance commerciale à l'avantage de l'UE, le commissaire a rappelé que si l'Union avait « un surplus d'environ 150 milliards de dollars sur les biens », les États-Unis ont eu « un surplus assez significatif, de plus de 100 milliards, sur les services ». « Nous parlons d'environ 50 milliards d'euros de déficit (américain) dans nos relations commerciales, sur un total de 1 600 milliards de dollars ; je ne pense pas que ce soit quelque chose que nous ne puissions pas surmonter », a-t-il ajouté.
Rappelant que les échanges commerciaux transatlantiques représentaient plus de 30% du commerce mondial, Maroš Šefčovič a prévenu que si Européens et Américains n'arrivaient pas à s'entendre, cela aurait « un impact énorme et des effets négatifs sur l'ensemble de l'économie mondiale ». « Nous nous concentrons sur le fait de trouver une issue positive » aux tensions commerciales naissantes, a-t-il expliqué. Le commissaire a donc estimé qu'il fallait simplement « continuer à discuter, à profiter de l'élan (généré par ses entretiens à Washington, NDLR), et à (se) concentrer sur l'agenda positif, et non sur des mesures et des contre-mesures ». (Camille-Cerise Gessant)