Prenant acte de la décision de la délégation géorgienne de se retirer de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, mercredi 29 janvier dans la soirée, Theodoros Rousopoulos, président cette Assemblée, a exprimé ses regrets et souligné que « cela compromet le dialogue qui pourrait contribuer à faire progresser les normes démocratiques en Géorgie ».
La décision géorgienne a été prise à la suite d’un vote où l’Assemblée ratifiait les pouvoirs de cette délégation composée uniquement de membres du parti d’extrême droite Rêve géorgien, mais en soumettant cette validation à des conditions qui devaient être remplies avant un réexamen des pouvoirs lors de la plénière d’avril (EUROPE 13568/29).
Étaient notamment réclamées : l’organisation de « nouvelles élections parlementaires véritablement démocratiques », l’arrêt des brutalités policières et des violations des droits de l’homme, la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que des mesures « pour permettre à la Géorgie de reprendre le processus d’intégration européenne », suspendu par le Premier ministre pro-russe, Irakli Kobakhidzé, en novembre dernier.
En ne suspendant pas d'emblée les pouvoirs, l’Assemblée voulait maintenir un dialogue, mais s’est vue infliger une fin de non-recevoir immédiate.
« Nous, les membres de la délégation géorgienne à Strasbourg et à Tbilissi, avons débattu et, par une décision collective de l’équipe de Rêve géorgien, cessons notre travail à l’Assemblée parlementaire à partir d’aujourd’hui », a déclaré Tea Tsouloukiani, cheffe de la délégation géorgienne.
Selon elle, la demande d’organiser de nouvelles élections « viole la souveraineté de son pays ».
« Accepter cette réserve reviendrait à trahir notre électorat et, par conséquent, l’écrasante majorité de notre société », a-t-elle ajouté.
Ce retrait de l’Assemblée parlementaire n’entraîne pas une sortie du Conseil de l’Europe pour la Géorgie.
Tout comme l’Azerbaïdjan, dont la délégation a vu ses pouvoirs suspendus le 24 janvier 2024 pour « non-respect des engagements majeurs découlant de son adhésion au Conseil de l’Europe il y a 20 ans », la Géorgie reste membre du Conseil de l’Europe et continue à participer aux travaux du Comité des ministres où siègent les représentants des ministres des Affaires étrangères des 46 États membres.
Dans sa déclaration, Theodoros Rousopoulos a rappelé que l’Assemblée étudierait « les moyens de renforcer la participation de l’opposition extraparlementaire et de la société civile géorgienne à ses actions concernant la Géorgie ». (Véronique Leblanc)