Dans un échange avec les eurodéputés de la commission de l'industrie (ITRE), mercredi 29 janvier, le Secrétaire d’État polonais aux Affaires numériques, Dariusz Standerski, a détaillé les grandes orientations souhaitées par la Pologne pour la suite de son mandat à la tête du Conseil de l'UE.
Deux grandes idées balisent la trajectoire des travaux polonais pour les cinq prochains mois. D'abord, le « renforcement de la cybersécurité européenne », avec une attente forte autour des résultats des récentes réglementations mises en œuvre (telles que NIS2 ou le Cybersolidarity Act), la mise en place d'investissements communs à l’échelle européenne et un meilleur financement de l'Agence européenne pour la cybersécurité.
En second lieu, apporter un « soutien massif » au développement de l’IA et des nouvelles technologies en Europe, en insistant sur le rôle des PME, la nécessité, encore, d’investissements massifs et l’importance d’avoir une stratégie claire et commune pour l’IA, les services 'en nuage' ('cloud') et les télécommunications.
Plusieurs députés, à l'instar de Damian Boeselager (Verts/ALE, allemand), ont demandé des « actions concrètes » pour garantir « l’indépendance technologique européenne » face à des dépendances flagrantes dans le domaine des services 'en nuage', par exemple.
D'autres ont rebondi sur l'actualité avec des questions sur « l'intégrité des élections européennes », suite aux polémiques en Roumanie, et sur la possibilité pour l'UE d'attirer réellement les investissements qui lui sont indispensables.
Le ministre polonais a estimé que le salut européen viendra de sa capacité à déréglementer et à assurer une stratégie commune. « Il n'est pas encore trop tard pour prendre le train en marche, mais il faut agir très vite », a-t-il affirmé.
Pour la Présidence polonaise du Conseil de l'UE, l'urgence, à ce stade, est de doter l'Union d'une stratégie commune dans les domaines clefs de l'IA et des nouvelles technologies et d'ouvrir la porte aux investissements absolument nécessaires pour ne pas se retrouver distancés.
Des « conclusions » et un « état des lieux » sur les différentes législations liées à la cybersécurité sont prévus pour mars, à l'occasion de la prochaine réunion des ministres européens des Télécommunications. (Isalia Stieffatre)