« Il est indiscutable que les États membres de manière générale se félicitent de ce qui apparaît dans le rapport de Mario Draghi, qui devrait faciliter la modernisation des systèmes de santé en Europe », a déclaré le secrétaire d'État hongrois à la Santé, Péter Takács, après le débat des ministres européens de la Santé, mardi 3 décembre à Bruxelles, sur l’Union européenne de la santé et les progrès à réaliser en la matière.
Selon le président en exercice de ce Conseil, « beaucoup d'États membres » ont indiqué qu'il y avait différents niveaux dépendants les uns des autres, comme la compétitivité du secteur et le besoin de préserver la santé des patients et d’innover en même temps.
Plusieurs délégations ont jugé important de « tirer le plein potentiel de la dématérialisation » pour mettre en œuvre les recommandations de M. Draghi. Il faudra apporter certaines garanties par rapport à l'utilisation des données de santé, notamment par rapport à l'utilisation de l'intelligence artificielle, selon Péter Takács. Il a indiqué aussi le besoin de soutenir les essais cliniques et d’évaluer les technologies de santé. « Il faut renforcer la capacité industrielle de fabrication et garantir la compétitivité du secteur de production des médicaments », a encore dit le responsable hongrois, qui a évoqué le besoin de diversifier les chaînes de production, notamment pour les dispositifs médicaux. Les pays ont parlé de l'importance de la future loi sur les biotechnologies et sur les médicaments critiques. « Il y a beaucoup de pain sur la planche », a souligné Péter Takács.
La France a également évoqué le travail à mener sur la cybersécurité dans les hôpitaux et le stockage des données sur le sol européen, et la future législation sur les médicaments critiques et les biotechnologies. La République tchèque a insisté sur l'accès aux médicaments et les incitants pour le transfert volontaire de la production de médicaments en Europe. L’Allemagne a insisté notamment sur la compétitivité du secteur pharmaceutique et salué les législations en vue sur les biotechnologies et les médicaments critiques.
La Pologne a critiqué les « barrières administratives et fiscales » qui font que les investisseurs évitent le marché européen.
Pour Olivér Várhelyi, commissaire européen à la Santé, la concurrence est féroce dans le secteur des médicaments et l'UE doit « monter en puissance ». Les objectifs de la Commission au cours des 5 prochaines années sont ambitieux (médicaments critiques, biotechnologies, dispositifs médicaux...), a-t-il rappelé (EUROPE 13519/3).
Par ailleurs, le Conseil a adopté des conclusions (https://aeur.eu/f/elv ) sur les maladies cardiovasculaires, dans lesquelles il insiste pour qu'une attention particulière soit accordée aux mesures préventives telles que l'amélioration des connaissances en matière de santé, la sensibilisation à la santé cardiovasculaire et la dissuasion de choix de vie malsains (tabagisme, consommation excessive d'alcool, alimentation déséquilibrée...) Le Conseil invite également les États membres à garantir l'égalité d'accès aux soins de santé cardiovasculaire, à intégrer le dépistage dans les bilans de santé réguliers et à renforcer la formation des professionnels de la santé. Le Conseil a approuvé également des conclusions (https://aeur.eu/f/elg ) sur l'amélioration du don et de la transplantation d'organes. (Lionel Changeur)