L'office de statistique de l'Union européenne, Eurostat, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) et l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) ont publié, le 25 novembre, un rapport inédit sur la violence à caractère sexiste, basé sur l’enquête menée entre septembre 2020 et mars 2024 dans les 27 États membres de l’UE.
Cette étude a été établie à partir des témoignages de 114 023 femmes âgées de 18 à 74 ans, offrant une analyse sans précédent de l’ampleur et des formes de violence subies par les femmes en au sein de l'UE.
Les résultats montrent qu’une femme sur trois (30,7%) dans l’UE a subi des violences physiques, des menaces ou des violences sexuelles au cours de sa vie. Une femme sur cinq subit des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire ou d’un membre de son foyer. Une femme sur huit a été victime de violences sexuelles, y compris de viols, perpétrés par une personne autre qu’un partenaire intime. En milieu professionnel, 30,8% des femmes déclarent avoir subi un harcèlement sexuel, un chiffre qui monte à 40% chez les jeunes femmes.
Par ailleurs, les données révèlent diverses disparités géographiques. Ainsi, en Finlande, 57,1% des femmes déclarent avoir été victimes de violences, contre seulement 11,9% en Bulgarie. Autant d’écarts qui peuvent être influencés par des différences culturelles, législatives et dans les méthodologies de collecte des données.
Le rapport revient également sur les conséquences de ces violences sur les victimes. Outre les impacts physiques et psychologiques, de nombreuses femmes rapportent des effets négatifs durables, comme des pertes économiques ou une marginalisation sociale. Les taux de signalement restent faibles : seulement une femme sur huit a signalé les violences à la police.
Par ailleurs, une sur cinq a consulté un médecin ou un service social, mais moins d’une sur vingt a contacté une ligne d’aide.
Enfin, certains profils de victimes semblent les exposer à davantage de risques. Les femmes en situation de handicap ou appartenant à des minorités ethniques signalent des taux de violences supérieurs à la moyenne.
Ce rapport constitue une première étape avant la publication en 2025 d’un rapport d'enquête pour une analyse approfondie des données, qui permettra d’explorer davantage ces problématiques et d’orienter les politiques de lutte contre les violences sexistes.
Le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/em2 (Nithya Paquiry)