Lors du plénum parlementaire de la Communauté de l'énergie, accueilli mardi 3 décembre par la commission de l'Industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) du Parlement européen, les parties ont rappelé leur volonté d'accélérer l'intégration énergétique des pays voisins de l'UE au marché intérieur de l'électricité de l'Union européenne.
« L’intégration énergétique dans le cadre de la Communauté de l’énergie et l’élargissement de l’UE, voilà deux processus qui se renforcent l'un l'autre », a déclaré Artur Lorkowski, directeur du Secrétariat de la communauté énergétique, alors que se tenait le jour même le Sommet UE-Balkans occidentaux.
Il a ainsi fait le vœu que tous les pays non-UE de la Communauté (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie, Géorgie, Moldavie et Ukraine) fassent un jour partie de l'UE et a souligné les avantages du marché unique européen, notamment sur les prix de l'énergie.
M.Lorkowski est ainsi revenu sur les marchés de l'électricité à l'été 2024, qui ont enregistré des pics de prix plus élevés dans la région des Balkans occidentaux qu'au sein de l'UE.
« Une partie de ceci est attribuée au manque de coordination dans la coopération au sein de la région et à la coopération et aux échanges limités avec l'UE », a-t-il insisté. Il a également rappelé la situation actuelle en Ukraine, le pays étant devenu dépendant des importations en provenance de l'UE.
Mechthild Wörsdörfer, directrice générale adjointe de la DG ENER au sein de la Commission européenne a, elle aussi, mis en avant la nécessité d'augmenter « la flexibilité et la liquidité du commerce de l'électricité », ce qui permettrait, selon la Commission, de réaliser un bénéfice de 34 milliards d'euros.
La coprésidente du plénum, Marina Pendeš, représentant la Bosnie-Herzégovine, quant à elle, a mis l'accent sur la nécessité du couplage de marché de la Communauté de l'énergie afin que le secteur de l'électricité des parties contractantes soit exclu du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE (CBAM), « qui aura un impact significatif sur les économies de nos pays ».
Tous les interlocuteurs, en particulier les membres du Parlement européen de tous bords politiques, ont toutefois reconnu et regretté les retards généralisés parmi les membres de la Communauté dans la transposition du paquet sur l'intégration électrique ('Electricity Integration Package') qui a été adopté en 2022. Les parties contractantes étaient tenues de le transposer avant le 31 décembre 2023, mais aucun pays ne l'a fait pour le moment.
Les parties ont également évoqué les impacts socioéconomiques des prix élevés de l'énergie. Elles ont discuté des réalisations antérieures et des progrès nécessaires dans la conception des mesures à long terme pour s'attaquer à la pauvreté énergétique au sein de l'UE et au sein des parties contractantes de la Communauté de l'énergie, où les niveaux de précarité énergétique étaient déjà élevés avant la crise énergétique de 2022.
Les discussions se poursuivront lors du Conseil ministériel de la Communauté énergétique, le 12 décembre prochain. (Pauline Denys)