La session plénière du Parlement européen s'est ouverte, lundi 25 novembre, par la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (EUROPE 13531/21).
La Présidente, Roberta Metsola, qui a salué l'adoption au printemps dernier du premier texte européen contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique (EUROPE 13431/33), a affirmé : « Cette législature doit aller encore plus loin ».
Un constat partagé par plusieurs eurodéputés lors du débat sur les efforts à poursuivre pour éliminer les violences basées sur le genre dans l’UE, qui, s'ils ont également reconnu le travail accompli sur cette directive, en ont rappelé les lacunes.
L'une des rapportrices du texte, Evin Incir (S&D, suédoise), a regretté que certains États, comme la France, aient bloqué une définition du viol fondée sur le consentement, ajoutant : « Seul 'oui' signifie 'oui' ».
Valérie Hayer (Renew Europe, française) a également plaidé pour faire évoluer le cadre légal : « La définition européenne du viol doit inclure le consentement, le droit à l’IVG doit être inscrit dans la Charte européenne des droits fondamentaux, et chaque génération, l’une après l’autre, doit être formée au consentement ».
Mélissa Camara (Verts/ALE, française), de son côté, a appelé à bâtir « une culture du consentement » contre celle du viol, scandant qu'il y a « urgence ».
De même pour Eleonora Meleti (PPE, grecque) : la violence contre les femmes est « une crise » face à laquelle, l'Union européenne doit agir « rapidement et de manière efficace », comme elle a pour coutume de le faire dans les moments critiques.
Selon elle, ces violences trouvent leur source dans des stéréotypes profondément ancrés. Évoquant la condamnation des pratiques d’autres pays, elle a déploré qu'« en Europe, nous laissons perdurer et se reproduire des modèles où la femme est perçue comme un 'sexe faible' ».
Transformer les sociétés, notamment via « l’éducation à la sexualité », a également été le credo de Manon Aubry (La Gauche, française) pour que la honte change de camp.
L'eurodéputée française a également dénoncé l'absence de mesures concrètes dans le programme de la nouvelle Commission européenne, soulignant que le portefeuille autrefois exclusivement dédié à l'Égalité et désormais confié à la Belge Hadja Lahbib inclut également la préparation et la gestion des crises. Cette fusion des compétences avait déjà été critiquée par certaines associations comme un « risque de recul » (EUROPE 13485/14). (Nithya Paquiry)