Les députés européens se sont montrés divisés, mardi 26 novembre, sur le soutien à apporter à l’Ukraine, avec d’un côté les représentants des groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE et CRE appelant à renforcer le soutien, et ceux des PfE, de La Gauche et de l’ENS appelant à négocier.
« Après 1 000 jours, on pourrait penser qu’il n’y a plus d’escalade possible (...), mais l’escalade continue », a dénoncé Michael Gahler (PPE, allemand), citant l’arrivée de 10 000 Nord-Coréens « qui sont amenés comme de la chair à canon ».
Thijs Reuten (S&D, néerlandais) a mis en garde contre l'attentisme des Européens. « Nous voyons un manque de sentiment d’urgence dans les capitales », a-t-il regretté, estimant qu’il fallait « veiller à ce que l’Ukraine ait ce dont elle a besoin. Il faut faire plus au lieu de faire moins et lui donner une position la plus forte possible sur le terrain et dans la négociation ».
« À ce moment crucial, on doit mobiliser encore et toujours plus de soutien à l’Ukraine, sans restriction. Le sort de la sécurité mondiale se décide maintenant en Ukraine », a souligné Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien). Il a appelé à renforcer le régime de sanctions contre la Russie et ses alliés.
Même son de cloche chez Rihards Kols (CRE, letton), qui a estimé qu'« il faut donner toutes les armes à l'Ukraine, mettre toutes sanctions contre les amis de la Russie et prendre les avoirs russes pour reconstruire ce qui a été détruit ».
« Si nous voulons la paix, il faut aider l'Ukraine à combattre pour retrouver la paix. La Russie doit perdre cette guerre impérialiste et nous devons tout faire pour soutenir l'Ukraine dans ce combat », a ajouté Villy Søvndal (Verts/ALE, danois).
Mais les partis aux extrémités de l’échiquier politique, eux, ont appelé à la fin du soutien militaire et à des négociations de paix. Selon Jean-Paul Garraud (PfE, français), « l’escalade du conflit russo-ukrainien nous rappelle l’extrême urgence à parvenir à un seul objectif : la paix », « une paix négociée, ferme, qui respecte la souveraineté des nations ».
Selon Petr Bystron (ENS, allemand), citant un sondage, la majorité des Ukrainiens veulent la paix, « quitte à renoncer à des territoires ». « Trump a gagné l’élection, il n’y aura plus d’armes américaines et vous voulez encore aggraver le conflit et nous entraîner dans une 3e guerre mondiale ! », a-t-il dénoncé.
Enfin, Özlem Demirel (La Gauche, allemande) a expliqué qu’il était « impératif qu’il n’y ait pas d’escalade, mais une désescalade ». « Je suis solidaire du peuple ukrainien, dont la majorité dit que la guerre doit prendre fin et qu’il faut des négociations immédiates, les hommes ne veulent plus se battre », a-t-elle aussi expliqué. (Camille-Cerise Gessant)