Réunis en Conseil mardi 26 novembre, les ministres des Sports des États membres de l’Union européenne ont réaffirmé leur soutien au modèle sportif européen. Présidée par Ádám Schmidt, secrétaire d'État hongrois, la session a permis l’adoption unanime de conclusions sur la promotion de l’héritage durable des grands événements sportifs et l’ouverture d’un débat sur les perspectives du modèle.
Au cours de la conférence de presse qui a suivi les échanges, Ádám Schmidt a salué le consensus obtenu et les retombées positives d’événements comme l’Euro 2024 en Allemagne et les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Il a précisé que les ministres allemand et français avaient présenté des rapports détaillés illustrant les impacts que peuvent générer des initiatives bien organisées.
Interrogé sur la sécurité juridique des sports européens, M. Schmidt a rappelé le rôle du dialogue entre États membres pour protéger le modèle européen, citant l'exemple de la Super League, écartée grâce à une opposition collective. Il a évoqué un 'livre blanc' comme outil structurant, tout en privilégiant un échange constant au-delà des cadres juridiques.
M. Schmidt a expliqué que le modèle européen et la stratégie européenne en la matière - le Plan de travail de l’UE pour le sport (2021-2024) (https://aeur.eu/f/ehl ) -, se renforcent mutuellement.
Chaque État reste souverain dans l'organisation de ses structures sportives, mais le modèle européen assure une coordination pour les grands événements et protège les principes d’équité. Il a toutefois alerté sur la domination des entreprises financières, qui marginalisent les petits États, et a appelé à inverser cette dynamique.
Le débat a permis de confronter les visions nationales sur des enjeux clés comme la solidarité financière, l’inclusion et la durabilité.
Les discussions se sont appuyées sur la résolution de 2021 du Conseil de l’UE, qui établit les principes fondamentaux du modèle européen du sport: une structure pyramidale englobant tous les niveaux, des clubs locaux aux compétitions internationales, des mécanismes de solidarité financière, l’équité, l’ouverture des compétitions, ainsi que l’engagement en faveur de la bonne gouvernance et des droits fondamentaux.
Le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, invité à participer aux discussions, s'est exprimé sur ces principes. « Nous redistribuons 97% de nos revenus au développement du football, ce qui inclut le soutien au sport féminin, aux jeunes et aux infrastructures locales », a-t-il rappelé.
Le ministre belge des Sports, Gregor Freches, a appuyé une redistribution équitable des ressources pour soutenir à la fois le sport amateur et professionnel.
La ministre finlandaise, Sandra Bergqvist, a plaidé pour un accès égal au sport, notamment pour les femmes et les personnes handicapées. Nancy Faeser, ministre allemande de l’Intérieur et du Territoire, a insisté sur le rôle du sport comme « outil puissant de cohésion sociale », aligné sur les valeurs européennes.
Le ministre espagnol, José Manuel Rodríguez Uribes, a défendu l’idée d’un modèle européen élargi, aligné sur des priorités transversales comme la durabilité et la lutte contre le racisme. De son côté, Gil Avérous, ministre français, a rappelé l’importance d’un équilibre entre spécificité sportive et respect des règles européennes, notamment en matière de concurrence.
En outre, la Commission européenne a annoncé qu’une stratégie sur l’avenir du sport sera présentée en 2026. Soutenue par une étude approfondie, elle visera à renforcer la gouvernance et la solidarité.
Les ministres ont exprimé leur soutien à cette initiative et proposé des pistes concrètes, comme la transparence des mécanismes de redistribution ou des incitations fiscales pour les clubs investissant dans le sport de base.
Lire les conclusions : https://aeur.eu/f/eho (Nithya Paquiry)