Lors du Conseil 'Culture' qui s'est tenu mardi 26 novembre à Bruxelles, les ministres de la Culture des États membres de l’Union européenne ont adopté des conclusions visant à améliorer et promouvoir l’accès à la culture. Présidée par la secrétaire d'État hongroise, Veronika Varga-Bajusz, la session a porté sur la numérisation, l’inclusion et le rôle des bibliothèques comme vecteurs d’accès à la culture.
Au cours de la conférence de presse qui s'est tenue en fin de journée, Mme Varga-Bajusz a présenté les principaux axes de ces conclusions, qui convergent vers une réduction des obstacles à la participation culturelle, notamment des populations rurales ou économiquement fragiles.
Elle a également évoqué le rôle essentiel des technologies numériques et de l’intelligence artificielle pour rendre les œuvres culturelles plus accessibles.
En outre, les conclusions réaffirment le soutien des ministres à des initiatives comme le programme Europe Créative, pour les projets transnationaux, et appellent à intégrer davantage la culture dans des domaines comme l’éducation, la santé et l’innovation.
Lire les conclusions : https://aeur.eu/f/ehn
Le rôle des bibliothèques dans l’éducation aux médias. Au cours de l'après-midi, les ministres ont échangé sur l’éducation aux médias, un enjeu clé à l’ère numérique. Les bibliothèques, en tant que hubs d’information, y jouent un rôle central.
Pendant la pandémie de Covid-19, elles ont démontré leur capacité à fournir un accès fiable à l’information et à lutter contre la désinformation, autant de missions jugées essentielles pour la démocratie.
Mme Varga-Bajusz a identifié trois problématiques majeures pour les bibliothèques : - combler les lacunes en éducation aux médias ; - garantir le financement de leurs infrastructures ; - renforcer les compétences des bibliothécaires.
Les discussions ont également abordé le besoin de partenariats multisectoriels avec les universités, les entreprises technologiques et les organisations non gouvernementales pour garantir des services de qualité et développer des solutions adaptées aux défis numériques.
Aussi, les échanges ont permis d'énoncer des exemples concrets de bonnes pratiques nationales.
En Italie, un investissement de 30 millions d’euros soutient les bibliothèques dans les zones rurales et périphériques, tandis que la Lituanie forme des adultes à identifier la désinformation et à comprendre les implications de l’intelligence artificielle.
En France, des projets comme la Bibliothèque publique d’information, au Centre Pompidou, organisent des ateliers sur l’intelligence artificielle générative et la lutte contre les fake news.
En Finlande, les bibliothèques suivent des lignes directrices nationales qui incluent la promotion de l’éducation aux médias dès le plus jeune âge et les Pays-Bas intègrent des programmes éducatifs innovants tels que le jeu HackShield, où des enfants jouent le rôle d’agents luttant contre la désinformation.
La Pologne, quant à elle, investit dans des centres de compétences numériques pour aider les citoyens à naviguer dans l’écosystème numérique et à comprendre les enjeux liés aux algorithmes.
Les ministres de l'UE ont appelé à améliorer le soutien par le biais de programmes comme Erasmus+ ou Next Generation EU pour financer la modernisation des bibliothèques et la formation continue des bibliothécaires.
Ils ont également évoqué des projets comme Europeana, qui permet de numériser et partager le patrimoine culturel européen.
La France a proposé de créer une 'Alliance européenne des bibliothèques' pour renforcer les collaborations transfrontalières.
Enfin, plusieurs États membres, dont la France, l’Italie, la Finlande, la Lituanie, les Pays-Bas et la Pologne, ont plaidé pour un élargissement de l’accès aux financements européens, afin d’inclure des projets spécifiques aux bibliothèques.
Ces initiatives comprennent la mise en réseau des établissements, la formation des professionnels et le développement d’infrastructures numériques adaptées, et ce, en vue de transformer les bibliothèques en acteurs majeurs de l’éducation aux médias et de la résilience démocratique. (Nithya Paquiry)