Les députés européens ont adopté à 429 voix pour, 183 contre et 24 abstentions, jeudi 14 novembre, une résolution proposée par la commission de l'environnement (ENVI) (EUROPE 13509/3) qui dresse des recommandations et soutient les efforts de l’Union européenne à la COP29 à Bakou (Azerbaïdjan), qui s’est ouverte lundi 11 novembre.
Mercredi 13, un débat s’était tenu sur le sujet au Parlement européen à Bruxelles, dans un contexte déjà teinté de critiques et de polémiques. Le même jour, le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, attaquait les Pays-Bas et la France pour avoir maintenu des territoires d’outre-mer. Il a notamment décrit la gestion par les autorités françaises des manifestations récentes en Nouvelle-Calédonie de « crimes » et de « violations des droits humains ».
À la suite de ces propos, la ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a annulé son déplacement à Baku, prévu pour la semaine prochaine, qualifiant les attaques de M. Aliyev d'« inacceptables ».
Jeudi 14 novembre, le négociateur principal de la COP29, Yalchin Rafiyev, a tenté d'appaiser les tensions, assurant que la Présidence de la COP gardait les portes ouvertes « à tous ceux qui souhaitent participer à des discussions constructives et fructueuses ».
Dirigeants absents. Outre cette débâcle diplomatique, les eurodéputés n’ont pas manqué de faire remarquer, lors du débat en plénière, que peu de dirigeants politiques avaient fait acte de présence à l'ouverture de la COP dans le cadre du Sommet des dirigeants mondiaux sur l'action climatique.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président français, Emmanuel Macron, le président américain, Joe Biden, ou encore le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, ne s'y sont pas rendus.
Plusieurs députés européens, de gauche comme de droite, ont ainsi souligné une « perte de crédibilité » des conférences internationales sur le climat en termes d’engagements concrets et de représentation.
Sur ce point, le commissaire européen compétent, Wopke Hoekstra, a défendu, à l’issue du débat, l’esprit de coopération lors des COP et expliqué que les absences de certains dirigeants étaient justifiées par des actualités nationales légitimes. Il a également fait le vœu, devant les députés, que l’esprit d’unité visible à la COP « puisse être plus présent chez nous ».
Stabilité de l'Accord de Paris. L’élection de Donald Trump aux États-Unis a pris également une place prépondérante dans les discussions autour de la COP29, faisant craindre que le pays se désengage sur le plan climatique, et se retire, une nouvelle fois, de l’Accord de Paris sur le climat (EUROPE 13521/9).
Sur ce point, M. Hoekstra a rappelé que l’UE et les États-Unis avaient une histoire et des valeurs communes, ainsi qu’un « futur commun ».
« Nous n'avons pas d'autre choix que de nous engager, et c'est ce que la Commission et moi-même ferons », a-t-il conclu.
Les inquiétudes concernant la stabilité de l’accord se sont néanmoins intensifiées, dès lors que l’Argentine du climatosceptique Javier Milei a pris la décision de retirer sa délégation des négociations, le 13 novembre.
Le président de la commission ENVI, Antonio Decaro (S&D, italien), a estimé que, si certains pays européens étaient tentés d’emprunter une voie similaire et de remettre en cause l’Accord de Paris, il s'agirait d'« une grave erreur ». « L’Europe peut et doit résister », a-t-il appelé.
Pour voir la résolution : https://aeur.eu/f/ean (Pauline Denys)