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Bulletin Quotidien Europe N° 13524
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / SÉcuritÉ

Sauli Niinistö et les eurodéputés demandent de renforcer la défense de l'UE pour envoyer un signal à Donald Trump

« Renforcer la défense de l'Europe est une tâche urgente et monumentale », a déclaré, jeudi 14 novembre à Bruxelles, l’ancien président finlandais Sauli Niinistö, qui a présenté devant les eurodéputés son rapport récent sur l’état de préparation civile et de défense de l'UE.

Les recommandations de ce rapport ont été généralement bien accueillies au sein du Parlement européen, malgré les critiques des élus d’extrême droite sur le respect des prérogatives des États en matière de défense (EUROPE 13515/1).

Sauli Niinistö a déclaré qu’après des années de sous-investissement, « nous devons maintenant élargir notre base de capacités industrielles pour développer des capacités militaires de pointe et produire à grande échelle des actifs militaires tels que des munitions d'artillerie et des drones efficaces ». Cela permettra également de signaler aux États-Unis, surtout après le résultat des élections présidentielles, que l'Europe est prête à assumer une responsabilité stratégique, a-t-il souligné.

La présidente du PE, Roberta Metsola, a évoqué les nouvelles réalités auxquelles l'UE est confrontée (guerres, catastrophes naturelles). Il est donc plus important que jamais que l'Union soit préparée à ce nouvel avenir, plus incertain. « Nous devons travailler ensemble, par-delà les frontières et les secteurs, pour anticiper, prévenir, résister et répondre aux menaces importantes », a ajouté Mme Metsola. D'après elle, le PE est prêt à jouer son rôle afin de garantir que l'Europe soit en mesure d'agir lorsqu'elle est appelée à le faire.

Le contexte de la sécurité en Europe s'est aggravé et nous devons renforcer notre préparation, a lancé Lena Düpont (PPE, allemande). La défense et la protection civile sont les deux faces d'une même médaille. « Nous devons parvenir à une perception et à une compréhension communes des risques et nous devons combler les différences géographiques entre les catastrophes naturelles et les crises d'origine humaine en renforçant la coordination entre les États membres et l'UE, entre l'UE et l'OTAN, entre les civils et les militaires, entre la société et la politique ». 

Eero Heinäluoma (S&D, finlandais) a salué les propositions équilibrées contenues dans ce rapport. Il a demandé que l'UE accepte surtout un « changement d'état d'esprit ». En référence aux traités, il a rappelé que l'Union dispose d'une clause d'assistance mutuelle ; or, il faut des procédures en place pour cette clause et évaluer la marche à suivre si un État membre fait l'objet d'une attaque extérieure. « L'heure n'est certainement pas au silence ». Cette tâche incombe au nouveau commissaire européen à la Défense.

Elena Donazzan (CRE, italienne) a évoqué le besoin d'exclure les dépenses militaires du pacte de stabilité et de croissance et d'investir dans la production et l'acquisition d'armements, en pensant à l'interopérabilité, aux achats conjoints, « avec la pleine participation des États membres ».

Bart Groothuis (Renew Europe, néerlandais) a déploré qu'au cours des 25 dernières années, les dépenses de défense de l'Europe soient restées plus ou moins stables, alors que la Chine a augmenté ses dépenses de défense de 600% et la Russie de 300%. Il a demandé de mettre en œuvre les excellentes recommandations du rapport. 

Hannah Neumann (Verts/ALE, allemande) a salué l'excellent rapport contenant 80 propositions qui se résument toutes à : « Faisons-le ensemble ou nous échouerons ». Elle a évoqué les cyberattaques parrainées par des États, qui ont quadruplé au cours des dix dernières années ; or, l'UE n'a pas réagi.

Pierre-Romain Thionnet (PfE, français) a fustigé les propositions dans ce rapport, notamment « lorsque les souverainetés nationales pourraient être rabotées ou contournées ». Il a estimé au sujet de l'identité que l'immigration « met en péril la totalité du continent ».

Dario Tamburrano (La Gauche, italien) a estimé que le véritable ennemi de notre continent est le changement climatique.

Un budget adapté. « Notre budget doit refléter nos priorités politiques et la sécurité et la défense sont devenues une priorité politique », a dit Siegfried Mureşan (PPE, roumain). Conformément aux propositions de Sauli Niinistö, « nous devons adopter le cadre financier pluriannuel de l'UE pour les sept prochaines années, où la sécurité et la défense sont une priorité, où nous allouons des ressources significatives », a-t-il conclu. (Lionel Changeur)

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