Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé, vendredi 14 juin, l’accord des ministres de la Défense des pays alliés sur un plan qui définit la manière dont l'OTAN dirigera la coordination de l'assistance en matière de sécurité et de formation pour l’Ukraine.
Cet accord va permettre aux dirigeants de lancer cet effort lors du sommet de Washington en juillet et de « renforcer le soutien à l’Ukraine pour les années à venir », a-t-il souligné à l’issue de la réunion ministérielle, à Bruxelles.
Ce plan « consistera en un commandement de l'OTAN situé dans une installation américaine à Wiesbaden et dans des nœuds logistiques dans la partie orientale de l'Alliance, sous la direction d'un général 3 étoiles relevant du Commandant suprême allié en Europe, le SACEUR », a précisé M. Stoltenberg. Selon lui, cela impliquera près de 700 membres du personnel des pays de l’OTAN et des pays partenaires.
De plus, l’Alliance va superviser l'entraînement des forces armées ukrainiennes dans des installations d'entraînement situées dans les pays alliés. Elle va aussi soutenir Kiev par la planification et la coordination des dons, gérer le transfert et la réparation des équipements et apporter un soutien au développement à long terme des forces armées ukrainiennes, a ajouté le secrétaire général.
Selon M. Stoltenberg, ce plan fait partie des quatre éléments de soutien à l’Ukraine. L’OTAN travaille aussi sur un engagement financier à long terme. Si le secrétaire général avait initialement parlé d’un plan multiannuel de 100 milliards d’euros, avant de parler d’un montant minimal de 40 milliards d’euros par an, aucun accord n’a encore été obtenu entre les Alliés. « De nombreux Alliés sont tout à fait favorables à l'idée selon laquelle nous avons non seulement besoin d'engagements à court terme (...), mais si nous pouvions avoir des engagements prévisibles à plus long terme, cela donnerait aux Ukrainiens de meilleures hypothèses de planification », a-t-il ajouté. L’objectif de M. Stoltenberg est un accord à l’occasion du sommet de Washington en juillet.
Les Alliés travaillent aussi sur le rapprochement de l’Ukraine à l’Alliance, à la fois concernant l’interopérabilité des forces armées, mais aussi avec un langage, dans la déclaration du sommet, qui rapproche encore davantage l’Ukraine d'une adhésion.
Enfin, le 4e élément est le soutien immédiat à Kiev pour lui fournir les équipements militaires dont il a besoin.
Lutter contre les attaques hybrides dans les pays alliés
Au-delà du soutien à l’Ukraine face à la Russie, les ministres ont discuté de la protection de leurs États contre les menaces russes. « Nous avons vu plusieurs exemples de sabotage, de tentatives d’incendie criminel, de cyberattaques, de désinformation », a rappelé M. Stoltenberg. Jeudi, une source de l’OTAN avait estimé qu’il y avait une escalade et une propagation « sans précédent » des activités russes, que ce soit en termes de fréquence, de portée géographique et du nombre d'attaques. « Selon ma définition, cela dépasse le seuil de menaces hybrides », a-t-elle ajouté.
« Nous serons calmes et mesurés dans notre réponse aux provocations russes. Dans le même temps, nous dénoncerons les actions de la Russie et lui imposerons des coûts », a résumé M. Stoltenberg. Selon la source de l'OTAN, aucun Allié ne parle, pour l’instant, de déclencher l’article 4 ou l’article 5 du Traité de Washington.
Les ministres ont décidé d’accroître l’échange de renseignements, une protection renforcée des infrastructures critiques, notamment sous-marines et dans le cyberespace, et de nouvelles restrictions de mouvement imposées aux agents des services de renseignement russes.
Renforcement de la dissuasion et de la défense
M. Stoltenberg a également fait le point sur les avancées de la défense et de la dissuasion des Alliés. Il a annoncé que ces derniers avaient offert des forces au commandement de l’OTAN à une « échelle jamais vue depuis des décennies », bien supérieure à l’objectif de 300 000 soldats fixé lors du sommet de Madrid. « Aujourd’hui, nous disposons de 500 000 soldats à haut niveau de préparation dans tous les domaines », a annoncé M. Stoltenberg. Et d’ajouter que l’OTAN avait également doublé le nombre de groupements tactiques sur le flanc oriental.
Lors du sommet de juillet, les Alliés devraient aussi souscrire à un nouvel engagement industriel de défense et continuer d’adapter les capacités nucléaires de l’OTAN. (Camille-Cerise Gessant)