Les eurodéputés ont demandé, jeudi 25 avril à Strasbourg, que la Commission européenne fasse preuve d'ambition et de fermeté dans les travaux en vue de préparer l'UE à de nouvelles adhésions.
La Commission a adopté, le 20 mars dernier, une communication soulignant le besoin de réexaminer les domaines politiques et les dépenses en vue de préparer l'élargissement de l'UE à de nouveaux pays (EUROPE 13375/15).
« Il faut repenser certaines politiques européennes », a lancé Francisco José Millán Mon (PPE, espagnol), qui a demandé à la Commission européenne de formuler une étude d’impact pour chaque pays candidat à l’adhésion et analysant les effets entraînés par leur éventuelle adhésion. Les sujets en jeu sont la cohésion et l’agriculture, notamment. Il a regretté que la communication de la Commission ne demande pas davantage de ressources financières pour faire face aux prochains élargissements. « Ces ressources financières sont indispensables, surtout pour l’agriculture, qui ne doit pas faire les frais d’un nouvel élargissement », a dit Francisco José Millán Mon. « Il faut assumer de nouveaux devoirs pour une adhésion pleine et entière », a-t-il mis en garde. Il a enfin plaidé en faveur d’une politique de voisinage plus ambitieuse envers les pays du sud.
Pedro Silva Pereira (S&D, portugais) a estimé que l’élargissement ne devait pas être envisagé « avec trop de légèreté ». Les pays candidats doivent accomplir les réformes nécessaires pour respecter pleinement les valeurs (séparation des pouvoirs, État de droit), a-t-il souligné.
Réformer les traités. Guy Verhofstadt (Renew Europe, belge) a reproché à la Commission d’appliquer la politique de l’autruche en matière d’élargissement. « Je trouve cela irresponsable et fou. La Commission renonce à son rôle historique pour préparer une UE à 36 » en proposant uniquement de recourir à la ‘clause passerelle’ et aux 'coopérations renforcées'. Il a demandé un changement de traité pour assumer les conséquences de l’élargissement.
Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise) a conseillé l'adoption de mesures pour faciliter le processus de décision en Europe (fin de l’unanimité) et ainsi éviter « les chantages » au sein du Conseil de l'UE. La conditionnalité en matière d’État de droit « doit devenir plus efficace », selon elle.
Angel Dzhambazki (CRE, bulgare) a dénoncé la politique du 'deux poids, deux mesures' en matière d'élargissement, en évoquant les évènements en Macédoine du Nord. Il s'est opposé à la réforme des traités. (Lionel Changeur)