Les eurodéputés ont discuté, mercredi 24 avril, d’une proposition d'abrogation de la loi interdisant les mutilations génitales féminines en Gambie. Un texte qui constituerait tant une violation des droits humains qu’un recul dans la lutte internationale contre les violences sexistes et sexuelles.
Michael Gahler (PPE, allemand) a lancé le débat en partageant son indignation face à cette régression potentielle et a demandé à l'Union européenne de mettre une pression considérable sur le gouvernement gambien pour empêcher l'abrogation.
De son côté, Hannes Heide (S&D, autrichien) a souligné que les MGF constituent « une grave violation des droits humains et une discrimination contre les filles et les femmes, non justifiée par aucune religion ou culture ».
Il a rappelé que, selon l'UNICEF, 76% des Gambiennes âgées de 15 à 49 ans sont victimes de mutilations génitales et que la loi de 2015 adoptée en Gambie constituait une avancée mondiale pour les droits des femmes, avertissant ainsi des dangers d'une possible abrogation.
Svenja Hahn (Renew Europe, allemande) a évoqué les conséquences tragiques des MGF sur la santé des femmes et la nécessité de maintenir la loi. Sinon, ce serait « la première fois que cette protection des droits des femmes serait inversée », a-t-elle insisté.
Enfin, Pierrette Herzberger-Fofana (Verts/ALE, Allemagne) a lié cette question à des normes internationales, rappelant que l'abrogation de la loi serait en contradiction avec plusieurs conventions internationales sur les droits des femmes et des enfants. « « Nous devons écouter les cris du cœur des femmes », a-t-elle plaidé, appelant à une réponse globale et coordonnée pour contrer la proposition gambienne. (Nithya Paquiry)