La cinquième réunion du Conseil UE/États-Unis pour le commerce et les technologies (TTC) se tient à Washington ce mardi 30 janvier. La rencontre ne débouchera pas sur une déclaration conjointe, comme c'est le cas habituellement. Les participants devraient plutôt donner le cap vers le TTC qui aura lieu au printemps en Belgique, dernier rendez-vous prévu avant de décider de la suite du TTC.
Les commissaires européens Margrethe Vestager (Concurrence), Valdis Dombrovskis (Commerce) et Thierry Breton (Marché intérieur) seront du voyage le 30 janvier. Ils rencontreront notamment la Secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, la Secrétaire au Commerce, Gina Raimondo, et la représentante au Commerce, Katherine Tai.
La réunion doit permettre la poursuite des travaux dans tous les domaines ouverts au TTC : commerce durable, chaînes d'approvisionnement, standards, intelligence artificielle, évaluations de la conformité, etc.
Sur ce dernier thème, par exemple, l'UE espère étendre l'accord de reconnaissance mutuelle (MRA) existant avec Washington pour y inclure notamment les technologies vertes. Une décision est attendue pour la réunion du TTC en avril. Pour l'heure, des consultations sont en cours pour identifier les secteurs à inclure potentiellement dans l'accord, a indiqué un fonctionnaire européen.
Pour les représentants des entreprises européennes, BusinessEurope, et la Chambre de commerce américaine, l'accord pourrait être étendu aux vaccins, mais aussi aux machines, technologies propres, appareils médicaux, ou encore équipements électriques. « Cela réduira la charge administrative et accélérera l'accès au marché pour les produits innovants », affirment les deux organisations.
Concernant le thème de la sécurité économique, les trois commissaires européens devraient présenter à leurs homologues les récents travaux de la Commission européenne en la matière (EUROPE 13335/1). L'UE veut aussi présenter de « nouvelles idées » aux États-Unis pour coopérer davantage sur le filtrage des investissements et le contrôle des exportations, selon une source européenne.
Les participants au TTC devraient accorder pas mal d'attention à l'intelligence artificielle, notamment pour comparer les approches européennes et américaines. Ceci afin d'identifier les voies de coopération dans ce domaine.
L'accord sur les minéraux critiques que l'UE espère conclure avec les États-Unis sera aussi à l'agenda. Les discussions tournent surtout autour des conditions de travail dans les pays tiers d'où proviennent les matières premières, d'après un fonctionnaire européen.
Au-delà des travaux concrets dans les domaines cités précédemment, BusinessEurope et la Chambre du commerce américaine espèrent des résultats pour lever les barrières commerciales. « Étant donné que le dernier sommet n'a permis d'accord ni sur l'acier et l'aluminium ni sur les minéraux critiques et que les irritants commerciaux n'ont pas encore été résolus, nous appelons les fonctionnaires à utiliser le TTC pour garantir des résultats concrets pour la communauté économique transatlantique », ont déclaré les deux organisations.
Des annonces ne sont toutefois pas attendues dans l'immédiat, les relations commerciales transatlantiques souffrent de maux récurrents, malgré les évolutions positives. « Nous aurons toujours des problèmes avec les États-Unis, et les États-Unis auront toujours des problèmes avec nous », confie une source européenne. (Léa Marchal)