À l'ouverture du sommet Italie/Afrique, accueilli au Sénat italien à Rome, lundi 29 janvier, sur le thème 'Un pont pour la croissance commune', l'UE a souligné la complémentarité entre le 'plan Mattei' de l'Italie, esquissé à cette occasion, et l'offre d'investissements de 150 milliards d'euros de l'UE à l'Afrique au titre de Global Gateway, ce plan d'investissements stratégiques.
En tant que Présidence du G7 en 2024, l'Italie compte faire de l'Afrique une priorité et tenter de faire fructifier les relations avec ce continent riche de 1,4 milliard d'habitants, doté de ressources naturelles considérables et le plus jeune continent au monde.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a insisté sur cet énorme potentiel à l'entame du sommet, qui réunissait une vingtaine de pays, les dirigeants de l'Union africaine et ceux de l'UE.
« L'Afrique est loin d'être un continent pauvre. Elle détient 30% des ressources minérales du monde, 60% des terres arables, 60% de sa population a moins de 25 ans. Le monde entier ne peut raisonner sur l'avenir sans tenir compte de l'Afrique. Notre avenir dépend inévitablement de celui du continent africain », a déclaré Mme Meloni, ajoutant : « Nous avons donc décidé de lancer un ambitieux programme d'interventions pour aider le continent à croître et à prospérer à partir de ses immenses ressources. Tout cela constitue l'épine dorsale du projet stratégique italien que nous appelons 'Plan Mattei pour l'Afrique' ».
Il s'agit d'un plan à moyen et long terme axé sur l'énergie, l'éducation, la formation, la santé, l'agriculture et l'eau.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a remercié l'Italie d'avoir placé la coopération avec l'Afrique au cœur de sa politique étrangère et de sa présidence du G7.
« Le nouveau plan Mattei est une contribution importante à cette nouvelle phase de notre partenariat et il vient compléter notre Global Gateway européen avec ses 150 milliards d'euros d'investissements pour l'Afrique », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que l'UE travaillait déjà à « former les compétences nécessaires à la fabrication de vaccins (à Arn-m : NDLR) au Rwanda, au Ghana et au Sénégal », comme elle forme la main-d'œuvre au Kenya et en Namibie pour produire de l'hydrogène propre ; « c'est là un exemple de complémentarité avec le plan Mattei », a précisé Mme von der Leyen.
Prenant un autre exemple, elle a cité la coordination, par l'Université de Parme, d'un projet Erasmus visant à développer les compétences en matière d'énergie propre en Afrique, ajoutant « Nous voulons investir dans ce type de coopération ».
En matière d'immigration, Mme von der Leyen a insisté sur l'importance de « joindre nos forces » pour lutter contre les réseaux de passeurs, celle de coopérer étroitement avec les pays d'origine des migrants irréguliers pour faciliter les retours tout en en étant « prêts à offrir davantage de possibilités de venir en Europe de manière légale ».
Sur la même ligne, le président du Conseil européen, Charles Michel a rappelé que le sixième sommet UE/Afrique, en février 2022, avait permis de jeter les bases d'un partenariat stratégique renforcé pour la prospérité partagée (EUROPE 12893/3, 12894/1).
Ce partenariat est « d'égal à égal», a insisté la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.
Pour le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, il doit être « mutuellement avantageux et respectueux ». M. Faki a remercié Mme Meloni et l'Italie d'avoir « montré un intérêt constant pour une coopération juste et productive et une position en faveur d'un changement de paradigme ». D'où son espoir que la présidence italienne du G7 permettra d'amplifier « l'impératif d'une stratégie innovante et d'un plan Marshall pour l'Afrique ».
Il a rappelé que l'Agenda 2063 de l'Union africaine constituait « le référentiel stratégique » de l'UA et que l'agriculture, les infrastructures, l'énergie, la santé, l'éducation et la numérisation étaient en tête des priorités du partenariat UE/Afrique. « Nous aurions aimé être consultés préalablement, mais nous sommes prêts à discuter des contours et des modalités de mise en œuvre du plan Mattei », a-t-il dit. (Aminata Niang)