La Commission européenne a appelé l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), lundi 29 janvier, à accepter un audit sur les contrôles qu’elle effectue pour empêcher de possibles participations de son personnel à des activités terroristes, après les allégations de la participation de 12 membres du personnel de l’Office aux attaques du 7 octobre (EUROPE 13337/16).
Dans un communiqué, la Commission a annoncé s'attendre à ce que « l'UNRWA accepte de réaliser un audit de l'Agence, qui sera réalisé par des experts externes indépendants nommés par l'UE, révisant ainsi l'évaluation des piliers, en se concentrant spécifiquement sur les systèmes de contrôle nécessaires pour empêcher l'éventuelle implication de son personnel dans des activités terroristes ». « La Commission européenne s'attend également à un renforcement du Département des enquêtes internes (DIOS) de l'UNRWA, qui est essentiel à cet égard », a souligné le communiqué, qui a aussi précisé qu’un examen de l'ensemble du personnel de l'UNRWA devrait être lancé le « plus tôt possible » pour confirmer qu'il n'a pas participé aux attaques.
Plus de 13 000 personnes travaillent pour l’Office à Gaza, dont les informations sont, selon l’agence onusienne, partagées chaque année, notamment avec Israël. L'Office a précisé n’avoir jamais reçu de préoccupations concernant des membres spécifiques du personnel.
Devant les médias, le porte-parole de la Commission européenne, Eric Mamer, a estimé que l’audit « urgent et important » devait être lancé « sans délai ».
Rappelant qu’aucun financement supplémentaire n’était prévu pour l’UNRWA avant la fin février, la Commission a annoncé qu’elle déterminerait les prochaines décisions de financement de l'agence à la lumière des « très graves allégations » du 24 janvier. « La Commission réexaminera la question à la lumière des résultats de l'enquête annoncée par l'ONU et des mesures qu'elle prendra », a-t-elle ajouté, saluant les informations fournies par l'UNRWA et le lancement de l'enquête de l’ONU.
La Commission a promis que l’aide humanitaire aux Palestinians à Gaza et en Cisjordanie continuerait « sans relâche, par l'intermédiaire d'organisations partenaires ». Plusieurs pays, y compris européens, notamment l'Allemagne, l'Italie et la Finlande, ont annoncé la suspension de leur soutien à l’UNRWA. Selon l’Office, 2 millions de Gazaouis dépendent de lui pour leur survie.
Selon le porte-parole du Service européen pour l'action extérieure, Peter Stano, la situation au Proche-Orient sera discutée par les ministres des Affaires étrangères européens samedi 3 février, lors de leur réunion informelle (Gymnich) à Bruxelles. (Camille-Cerise Gessant)