Valdis Dombrovskis, le commissaire européen au Commerce, a déclaré dans les colonnes du Financial Times, lundi 22 janvier, que l'Union européenne introduirait des mesures de sauvegarde permettant de bloquer les importations de produits en provenance d'Ukraine si ces dernières risquaient de faire baisser les prix dans les pays de l’UE voisins de l’Ukraine, comme la Pologne.
Ces mesures accompagneraient la proposition, attendue durant cette semaine, visant à prolonger d’un an (jusque juin 2025) la suspension des droits à l'importation, des contingents et des mesures de défense commerciale (‘mesures commerciales autonomes’) applicables aux exportations ukrainiennes vers l'UE (EUROPE 13329/25).
« Nous allons examiner comment nous pouvons fournir des garanties supplémentaires à la Pologne et à d'autres États membres, et l'un des moyens d'y parvenir est d'introduire des mesures de sauvegarde spécifiques pour chaque pays. Nous constatons que l'impact régional du commerce ou des exportations de produits agricoles ukrainiens est très inégalement réparti. Il est principalement ressenti par les pays voisins immédiats alors qu'il ne perturbe pas beaucoup le marché de l'UE dans son ensemble », a précisé M. Dombrovskis.
La Commission envisagerait également d'imposer des quotas sur les importations ukrainiennes de ‘produits sensibles’ tels que la viande de volaille, le sucre et les œufs.
Un porte-parole de la Commission a indiqué lundi que le commissaire au Commerce avait « donné son avis sur le contenu de la proposition de la Commission visant à étendre les mesures commerciales autonomes à l'Ukraine ». Ces mesures « font encore l'objet de discussions internes et nous ne pouvons rien dire de plus à ce sujet pour le moment ».
Le Collège des commissaires « a toujours essayé de trouver le bon équilibre entre tout le soutien nécessaire qui peut être accordé à l'Ukraine afin de l'aider dans sa résistance à l'agression russe et la nécessité de tenir compte de l'impact que cela a au sein de l'Union européenne en particulier, par exemple sur le secteur agricole », a indiqué un autre porte-parole de l’institution. (Lionel Changeur)