Lors de son intervention, lundi 22 janvier, devant la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBÉ) du Parlement européen, Frans van Daele, Envoyé spécial pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction en dehors de l'UE, a offert une vision éclairée de son mandat et des défis auxquels il est confronté. Il a souligné l'importance cruciale de la liberté de religion et de conviction dans le maintien de la paix et de la stabilité internationales.
M. van Daele a élargi la portée de son mandat au-delà de la liberté de religion pour inclure aussi la liberté des convictions non confessionnelles, affirmant ainsi son engagement pour une approche inclusive de la tolérance et de la liberté.
Il a mis l'accent sur l'importance du dialogue interreligieux, notamment dans les pays marqués par des tensions entre religions majoritaires et minoritaires. De plus, il a insisté sur la nécessité d'influencer positivement les gouvernements étrangers afin de favoriser de meilleures relations entre les différentes communautés religieuses et entre ces dernières et l'État.
L'année précédente a été marquée par la création d'un réseau solide, impliquant des interactions fréquentes avec des représentants de diverses croyances et convictions ainsi qu'avec des acteurs institutionnels clés de l'UE.
Pour l'année en cours, il a prévu des visites dans des pays tels que l'Iraq, le Pakistan, l'Égypte et le Nigeria, poursuivant la continuité du travail de ses prédécesseurs et cherchant à dialoguer avec ces pays. Il a souligné l'importance de renforcer les éléments modérés au sein des religions pour éviter la politisation de la religion et les conflits interconfessionnels.
Janina Ochojska (PPE, polonaise) et Birgit Sippel (S&D, allemande) ont interrogé M. van Daele sur la séparation entre l'Église et l'État et sur la manière dont les gouvernements utilisent la religion à des fins politiques. M. van Daele a réitéré que la politisation de la religion est un danger omniprésent et que l'UE devrait favoriser les courants modérés dans les religions pour éviter les conflits.
Il a également souligné que la séparation entre l'État et la religion varie historiquement parmi les États membres de l'UE, une question complexe nécessitant une approche nuancée dans les pays tiers.
Sophie in 't Veld (Renew Europe, néerlandaise) a exprimé des inquiétudes concernant le mandat et la représentativité de M. van Daele, en particulier en ce qui concerne les groupes non religieux. Il a répondu en mettant en avant la diversité des convictions religieuses et non religieuses et l'importance d'une diplomatie pragmatique face à ces défis.
Enfin, Evin Incir (S&D, suédoise) a soulevé la question de la crédibilité de l'UE dans la promotion de la liberté de religion, compte tenu des développements internes tels que la montée des mouvements d'extrême droite. M. van Daele a reconnu ces défis, tout en soulignant l'importance de soutenir les forces modérées dans les religions et les sociétés. (Nithya Paquiry)