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Bulletin Quotidien Europe N° 13333
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Les ministres européens plaident pour relancer le processus d’une solution à deux États

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, et les ministres des Affaires étrangères européens ont plaidé, lundi 22 janvier, pour la reprise d’un dialogue politique, en vue de la solution à deux États. 

Lors de leur Conseil à Bruxelles, le Haut Représentant et les ministres se sont entretenus avec les ministres des Affaires étrangères israélien, Israël Katz, d'Arabie saoudite, Faisal bin Farhan Al Saud, d'Égypte, Sameh Shoukry, et de Jordanie, Ayman Safadi, le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, et le ministre palestinien Riyad al-Maliki sur le processus politique.

« La priorité est de fournir un soutien à des gens dans une situation extrêmement difficile, d’essayer d’arrêter les activités militaires, les bombardements, afin de fournir plus d’aide humanitaire et de libérer des otages (…) Cela ne doit pas nous empêcher de travailler sur une solution à long terme, à moyen terme, mais en commençant maintenant sur la préparation d’une conférence de Paix (…) pour résoudre le conflit, les causes profondes et chercher une solution. », a résumé M. Borrell

La veille, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, s’était dit opposé à la solution à deux États. « La solution à deux États est la seule solution, et même ceux qui n’en veulent pas n'ont pas encore trouvé d'autre alternative », a souligné l’Allemande Annalena Baerbock. Son homologue irlandais, Micheál Martin, a prévenu que « M. Netanyahou (devait) écouter la grande majorité du monde qui veut la paix et qui veut la solution à deux États. (...) Il n’y a pas d’autre alternative sur la table à une solution à deux États qui soit durable et qui garantisse une paix durable dans le futur ».

Un plan vers une solution à deux États

Les ministres ont discuté du plan en 12 points du Haut Représentant sur une approche globale concernant un processus de ‘solution à deux États’.

« Ce que nous voulons, c’est construire une solution à deux États, alors parlons-en. (…) Si nous prenons cela au sérieux, nous devons étudier les causes sous-jacentes qui empêchent la mise en œuvre de cette solution », a expliqué M. Borrell. 

Sa proposition se fonde sur l'initiative qu'il avait lancée en septembre à New York.

Son nouveau plan décrit une série de mesures qui pourraient éventuellement apporter la paix dans la bande de Gaza, établir un État palestinien indépendant, normaliser les relations entre Israël et le monde arabe et garantir la sécurité à long terme dans la région, selon Euractiv, qui a vu le document.

M. Borrell propose une ‘conférence préparatoire de paix’ avec l’UE, les États-Unis, l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, la Ligue arabe et les Nations Unies. Les participants seraient en contact avec Israéliens et Palestiniens, mais ces derniers ne seraient pas obligés de s’asseoir ensemble. La conférence de paix aurait un an pour concevoir le cadre d'un plan de paix. Celui-ci devra tenir compte des commentaires de toutes les parties impliquées, des résolutions de l'ONU, des conclusions du Conseil européen et des efforts de médiation antérieurs. Il serait ensuite présenté aux parties au conflit, qui seraient consultées lors de l’élaboration, et devrait servir de base pour les négociations de paix. « Cela ne sert à rien d’organiser à nouveau des conférences de paix, si personne n’est présent et si Israël a le sentiment d’être jugé », a d'ores et déjà prévenu le Luxembourgois Xavier Bettel. 

M. Borrell a ajouté que le plan devrait fournir des assurances de sécurité pour l'État israélien et le futur État de Palestine. « Il faut mettre en place une architecture de sécurité pour la région au sens large sous les auspices des organisations internationales », a estimé le ministre grec, Giorgios Gerapetritis, ajoutant qu'il fallait agir rapidement.

La proposition européenne ne serait pas la seule sur la table, les pays arabes et les États-Unis, respectivement, travailleraient aussi de leur côté. Le ministre autrichien, Alexander Schallenberg, a d'ailleurs préconisé une coordination et une consultation très fortes avec les États-Unis, suggérant que le Secrétaire d'État américain, Antony Blinken, soit présent ou intervienne par visioconférence au prochain Conseil. « Il est évident que nous avançons à tâtons, le processus sera long et toute initiative est la bienvenue », a reconnu M. Borrell.

Interrogé sur un possible refus israélien, le Haut Représentant a expliqué que « si la communauté internationale (parvenait) à mettre sur pied une solution, elle la (proposerait) et, si elle ne (faisait) pas l'objet d'un accord, il y (aurait) des leviers pour influencer » une décision. 

Durcir le ton face à Israël 

Les responsables arabes, pour leur part, ont appelé à la fermeté face à Israël. « Le monde entier dit que la seule façon de sortir de cette misère est la solution à deux États. La partie qui s’oppose au droit de tous les habitants de la région, y compris les Israéliens, à la paix, ne peut pas être laissée sans responsabilité. Il est temps que le monde se range du côté de la paix et prenne des mesures contre la partie qui nie le droit des peuples à vivre en paix et en sécurité », a estimé le ministre des Affaires étrangères jordanien, Ayman Hussein Abdullah Al Safadi.

Le ministre palestinien, Riyad Al-Malki, a demandé à l’UE d’agir. « J’attends de l’UE qu’elle commence à envisager des sanctions contre Netanyahou et d’autres, qui détruisent réellement les chances d’une solution à deux États et de la paix au Moyen-Orient », a-t-il souligné à son arrivée, estimant que l’UE avait une responsabilité, « à un moment où il faut faire preuve de courage et de détermination ». « Il faut prendre position. Autrement, ce que nous disons depuis longtemps au sujet des doubles standards sera clairement démontré », a prévenu le ministre (EUROPE 13141/19, 13140/5).

Mer Rouge

Par ailleurs, M. Borrell a annoncé avoir obtenu un accord de principe des ministres pour l’établissement d’une mission PSDC en mer Rouge pour sécuriser la navigation. (Camille-Cerise Gessant)

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