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Bulletin Quotidien Europe N° 13291
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Les Vingt-sept appellent à des pauses humanitaires « immédiates » à Gaza

Situation « terrible », « catastrophique », « niveau de souffrance intolérable »… Les ministres des Affaires étrangères européens n’ont pas manqué de mots pour qualifier la situation à Gaza, lundi 13 novembre, à leur arrivée au Conseil. La veille, dans une déclaration du Haut Représentant de l’UE au nom de l’UE, les Vingt-sept, préoccupés par « l'aggravation de la crise humanitaire à Gaza », se sont associés aux appels en faveur de « pauses immédiates dans les hostilités et de la mise en place de corridors humanitaires, notamment grâce à une capacité accrue aux points de passage frontaliers et à une voie maritime spécifique » afin que l'aide humanitaire puisse parvenir en toute sécurité à la population de Gaza.

Devant les médias, le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, a estimé que le point de passage de Rafah était insuffisant, qu'il fallait augmenter les capacités de transit. « On peut le faire par des points de passage supplémentaires, par l'initiative chypriote d'un pont maritime humanitaire » qui nécessiterait des ponts flottants, a-t-il expliqué.

Dans la déclaration, l'UE réitère le droit d'Israël à se défendre dans le respect du droit international et du droit international humanitaire. Un accès humanitaire « continu, rapide, sûr et sans entrave » doit être assuré et l'aide doit parvenir à ceux qui en ont besoin par le biais de toutes les mesures nécessaires, « y compris des corridors humanitaires et des pauses pour répondre aux besoins humanitaires », insiste la déclaration, qui salue les résultats de la conférence humanitaire du 9 novembre à Paris (EUROPE 13289/4).

« Gaza a besoin de plus d'aide à tous points de vue - eau, carburant, nourriture. Cette aide est disponible, elle est à la frontière et attend d'être acheminée », a précisé le Haut Représentant, ajoutant que moins de 2% des besoins alimentaires sont couverts. 

« Il y a une nécessité absolue de faire passer de l’aide humanitaire. La population n’a pas à subir les conséquences des crimes terroristes, il est extrêmement important de distinguer population civile et organisations terroristes, de ne pas faire de confusion entre les deux », a rappelé la ministre française, Catherine Colonna.

 L’UE condamne aussi l'utilisation d'hôpitaux et de civils comme boucliers humains par le Hamas. « Les civils doivent être autorisés à quitter la zone de combat », précise la déclaration. Selon le Haut Représentant, plusieurs centaines de milliers de Gazaouis seraient toujours au nord de la Bande.

L’UE estime aussi que les hostilités affectent gravement les hôpitaux et font payer un lourd tribut aux civils et au personnel médical. « Le droit humanitaire international stipule que les hôpitaux, les fournitures médicales et les civils à l'intérieur des hôpitaux doivent être protégés. Les hôpitaux doivent également être immédiatement approvisionnés en fournitures médicales les plus urgentes et les patients qui nécessitent des soins médicaux urgents doivent être évacués en toute sécurité », exhortent les Vingt-sept, qui demandent instamment à Israël de faire preuve de la plus grande retenue pour assurer la protection des civils.

« Il faut voir ce qu’il se passe dans les hôpitaux à Gaza, ce ne sont pas des champs de bataille, il faut écouter Médecins sans frontières, l’Organisation mondiale de la Santé, qui disent que les patients en soins intensifs n’ont aucune chance. Il n’y a plus d’oxygène, plus d’eau, de médicaments, ces gens vont mourir. Nous savons que le Hamas utilise ces hôpitaux pour se cacher derrière les civils, mais il ne faut pas que toute cette terreur connue le 7 octobre en Israël se répète à Gaza », a souligné le Luxembourgeois Jean Asselborn.

L'UE et ses États membres s’engagent également à poursuivre leur travail en étroite collaboration avec les partenaires internationaux, les Nations unies et d'autres agences ainsi qu'avec les pays de la région afin de fournir un flux d'aide soutenu et de faciliter l'accès à la nourriture, à l'eau, aux soins médicaux, au carburant et aux abris.

L'UE réitère en outre son appel au Hamas pour la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages. Il est essentiel que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ait accès aux otages, ajoute-t-elle. Plusieurs ministres ont également souligné qu'il fallait que les étrangers ou binationaux puissent quitter Gaza.

M. Asselborn a aussi appelé à la fin des hostilités. « Il faut essayer de trouver une solution de négociations. On ne peut pas négocier avec le Hamas, mais on peut peut-être avec le Qatar et d’autres. La direction du Hamas n’est pas à Gaza, elle se cache autre part et est accueillie dans d’autres pays », a-t-il rappelé.

 L'Allemande Annalena Baerbock estime que « nous devons nous creuser la tête 24 heures sur 24, chaque minute, pour savoir comment nous pouvons parvenir ensemble à ce que la situation humanitaire catastrophique de Gaza soit endiguée et que la mise en danger non-stop d'Israël par le Hamas, par les acteurs terroristes, soit stoppée, afin qu'Israël et son peuple puissent vivre en sécurité et en paix, tout comme les Palestiniens ». Selon elle, « il est clair que cela ne peut se faire que dans le cadre d'une solution à deux États, même si celle-ci semble très éloignée, il est plus important que jamais d'en parler et de fixer un horizon politique dans cette situation incroyable où tant de personnes perdent actuellement espoir ».

La ministre belge, Hadja Lahbib, a également annoncé que son pays avait décidé de répondre à l’appel de la Cour pénale internationale pour lui permettre d’enquêter, d’établir des responsabilités de façon objective sur la situation à Gaza. « Nous avons débloqué un budget de 5 millions d’euros pour travailler à la lutte contre l’impunité, mais aussi travailler à la paix au long terme », a-t-elle précisé. (Camille-Cerise Gessant)

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