Les ministres européens des Affaires étrangères se sont mis d’accord, lundi 13 novembre, sur les conditions nécessaires à mettre en place sur l’après-conflit à Gaza.
« L’idée est d’essayer, à moyen et long termes, de trouver une solution post-conflit, de parvenir à une stabilisation permanente pour construire une paix entre Israéliens et Palestiniens et pour l’ensemble de la région », a expliqué le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, à l’issue du Conseil 'Affaires étrangères'
Selon lui, le conflit à Gaza « devrait être une occasion pour, enfin, trouver une solution fondée sur deux États. Il ne s’agit pas de reconstruire Gaza, mais de construire un État palestinien ».
Le Haut Représentant a annoncé que l’UE allait travailler, « sans plus attendre », avec les États-Unis et les pays arabes – même si ces derniers ne sont pas disposés à parler du jour d’après pour se concentrer sur la situation actuelle, selon lui. La position européenne repose sur six points : trois 'oui' et trois 'non', selon M. Borrell.
Ainsi, les Européens refusent tout déplacement forcé du peuple palestinien en dehors de la bande de Gaza, et leur expulsion vers d’autres pays. Ils s'opposent aussi à la diminution du territoire de Gaza ou à toute modification territoriale et à une occupation par les forces armées israéliennes ou le retour du Hamas. La dissociation de Gaza du problème global de la Palestine n'est pas non plus défendue par les Européens.
Les ministres plaident pour trouver les bons acteurs qui vont s’engager à trouver la bonne solution. « Nous pensons qu’une autorité palestinienne doit retourner à Gaza, dont les éléments constituants et les paramètres doivent être définis par le Conseil de sécurité des Nations Unies et qui devra recevoir un large soutien », a expliqué M. Borrell.
La réunion ministérielle a également mis en avant la nécessité d’une implication forte des pays arabes, pas uniquement financière, pour la reconstruction de Gaza, mais aussi pour la construction d’un État palestinien.
Enfin, les ministres veulent un engagement plus ferme de l’UE dans la région, en particulier dans la construction de l’État palestinien. « Nous avons été trop absents de la solution au problème que l’on a finalement délégué aux États-Unis. Nous devons davantage nous engager. Dans le cas contraire, nous allons traverser un cycle de violence qui va se perpétuer de génération en génération », a prévenu M. Borrell.
Le Haut Représentant a annoncé qu’il se rendrait, dans la semaine en Israël, en Palestine, au Bahreïn, en Arabie saoudite, au Qatar et en Jordanie pour discuter de l'accès et de l'assistance humanitaires ainsi que des questions politiques avec les dirigeants de la région.
« Nous avons besoin d'un horizon politique tourné vers la solution des deux États. Cet objectif ne peut être atteint que par le dialogue », a-t-il affirmé sur X (anciennement Twitter). (Camille-Cerise Gessant)