La ministre espagnole des Finances, Nadia Calviño, s'est dite « plutôt confiante » quant à la possibilité pour les pays de l'Union européenne de parvenir à un accord politique sur la réforme du cadre européen de gouvernance économique, mercredi 6 septembre, à l'assemblée annuelle du centre de réflexion (think tank) Bruegel.
Mme Calviño a indiqué que, cet été, les travaux techniques avaient progressé sur la base de la note que la Présidence espagnole du Conseil de l'UE avait transmise en juillet aux délégations nationales (EUROPE 13222/14). Ce document identifie quatre axes de travail principaux : - l'équilibre institutionnel ; - les critères communs ('safeguards') permettant la réduction de la dette publique ; - la création d'une marge de manœuvre suffisante pour stimuler les investissements et les réformes structurelles ; - l'appropriation et le contrôle du respect des futures règles budgétaires européennes.
La ministre espagnole a confirmé qu'un échange de vues aura lieu sur la réforme du Pacte de stabilité et de croissance lors de la réunion informelle des ministres européens des Finances, vendredi 15 et samedi 16 septembre, à Santiago de Compostela.
Sur la base des orientations dégagées lors des discussions techniques, « les négociations débuteront au Conseil 'Écofin' d'octobre », a indiqué Mme Calviño. « Il n'y a pas de temps à perdre. Les États membres reconnaissent unanimement que nous avons besoin que de nouvelles règles soient en place avant la fin de l'année », a-t-elle ajouté. Sinon, a-t-elle mis en garde, la prochaine Présidence belge du Conseil aura plus de difficulté à faire avancer le dossier au fur et à mesure que la date des élections européennes de juin 2024 approche et une telle situation témoignerait d'une certaine « vulnérabilité » de la part de l'UE.
Au Parlement européen, les travaux sur la réforme des règles budgétaires européennes vont entrer dans le vif du sujet. L'objectif des corapportrices, Esther de Lange (PPE, néerlandaise) et Margarida Marques (S&D, portugaise), est de parvenir à une position de la commission compétente en novembre, en vue d'un vote en session plénière fin novembre ou début décembre. Les négociations avec le Conseil débuteront dans la foulée pour aboutir vraisemblablement au premier trimestre 2024.
À Santiago de Compostela, les grands argentiers européens accueilleront, pour la première fois, leurs homologues latino-américains, avec lesquels ils travailleront sur un projet de « cadre de gouvernance » que présenteront les autorités espagnoles, visant à concrétiser les projets labellisés 'Global Gateway' agréés lors du sommet UE/Amérique latine, mi-juillet à Bruxelles (EUROPE 13224/1). Il sera aussi question de la réforme du système financier international, un dossier qui fera l'objet d'un événement co-organisé par l'UE et l'Espagne en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, fin septembre à New York.
L'interaction entre politiques budgétaire et monétaire au niveau de l'UE, dans un contexte d'incertitude économique accrue, constituera un autre point à l'ordre du jour de la réunion ministérielle informelle.
BEI. Interrogée sur sa candidature à la présidence de la BEI, Mme Calviño a souligné le rôle clé que la Banque de l'UE peut jouer dans le soutien à l'Ukraine et aux investissements dans les transitions énergétiques et technologiques. Selon elle, « l'envergure des candidats » illustre l'importance de la plus grande institution financière publique dans le monde, en référence à la candidature de la commissaire européenne chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager. (Mathieu Bion)