L'Allemagne souhaite que l'Union européenne sanctionne les militaires ayant renversé fin juillet le président nigérien, Mohamed Bazoum, toujours détenu dans sa résidence à Niamey (EUROPE 13233/2).
« Il ne peut y avoir de 'business as usual' lorsque des militaires renversent des gouvernements démocratiquement élus. C'est pourquoi nous avons suspendu les paiements à l'État nigérien, nous travaillons à des sanctions et soutenons les efforts de la CEDEAO » en faveur d'un rétablissement de la démocratie au Niger, a déclaré la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, lundi 21 août, via le compte de son ministère sur le réseau X, anciennement Twitter.
L'UE a déjà suspendu toute coopération en matière de développement et de sécurité avec le nouveau pouvoir en place. Elle soutient les efforts diplomatiques des pays de l'Afrique de l'Ouest, celle-ci n'excluant pas une intervention militaire malgré l'opposition de l'Algérie.
La semaine précédente, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, avait réitéré, au nom des vingt-sept pays de l'UE, « la ferme condamnation du coup de force au Niger, qui ne peut avoir que des répercussions négatives sur le bien-être et la sécurité de la population nigérienne ainsi que sur la stabilité régionale ». Il avait salué la volonté de la CEDEAO de rechercher « une issue diplomatique à la crise en cours, tout en prenant note de la mobilisation de la Force en attente ». Selon lui, l’UE est prête à appuyer les efforts déployés par la CEDEAO, « y compris via la mise en place d’un nouveau régime de sanctions individuelles ». Et d'appeler à la libération immédiate et sans condition du président Bazoum et de sa famille.
En parallèle, lors d'un entretien téléphonique avec le président nigérian, Bola Tinubu, élu à la tête de la CEDEAO début juillet, le président du Conseil européen, Charles Michel, avait assuré que l'UE ne reconnaîtrait pas les autorités résultant du putsch.
La situation au Niger devrait être inscrite à l'ordre du jour de la réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères, les 30 et 31 août à Tolède. (Mathieu Bion)