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Bulletin Quotidien Europe N° 13233
ACTION EXTÉRIEURE / Niger

L'UE soutient les sanctions de la CEDEAO et suspend toute coopération en matière de sécurité avec Niamey

L'Union européenne a confirmé, lundi 31 juillet, qu'elle ne reconnaissait pas le nouvel homme fort du Niger, le général putschiste Abdourahamane Tchiani (EUROPE 13232/16, 13231/7). Réitérant son soutien au Président Mohamed Bazoum, toujours détenu dans sa résidence, elle a dit également soutenir les sanctions imposées dimanche au Niger par les dirigeants de la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et a annoncé la suspension de toute coopération en matière de sécurité avec Niamey.

« L’Union européenne s’associe aux fermes condamnations exprimées par les chefs d’État de la sous-région contre l’inacceptable coup de force opéré au Niger », a souligné le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, dans une déclaration publiée lundi au nom des Vingt-sept.

La veille, les chefs d'État des pays de la CEDEAO, réunis à Abuja (Nigeria) en sommet extraordinaire, avaient imposé au Niger un embargo économique et des sanctions financières. Ils avaient aussi lancé aux responsables du coup d'État militaire un ultimatum d'une semaine pour rétablir l'ordre constitutionnel, n'excluant pas d'intervenir militairement si le Président Mohamed Bazoum n'était pas rétabli dans ses fonctions.

« Le Président Bazoum, démocratiquement élu, demeure le seul chef de l’État nigérien. Toute autorité autre que la sienne ne saurait être reconnue. Il doit retrouver, sans délai et sans condition, la liberté et la plénitude de ses hautes fonctions », a ajouté M. Borrell. Les contacts noués par l'UE à cette fin s'étaient poursuivis pendant le week-end, notamment avec le Président Bazoum, que le président du Conseil européen, Charles Michel, indiquait, sur Twitter/X, avoir appelé de nouveau dimanche soir.

« L’Union européenne soutient toutes les mesures adoptées par la CEDEAO en réaction à ce coup de force et les appuiera rapidement et résolument », a déclaré M. Borrell. Et d'ajouter : « L'Union s'inscrit en faux contre toute accusation d’ingérence étrangère ».

Après les violences qui ont vu des milliers de manifestants nigériens soutenir le régime militaire, attaquer, pour certains, l'ambassade de France au Niger, brandir le drapeau russe et réclamer le départ des troupes françaises, comme l'exige la junte militaire, M. Borrell a précisé : « Nous tenons les putschistes pour responsables de toute attaque à l’encontre de civils et de personnel ou installation diplomatiques ».

Dans un communiqué publié lundi par le ministère des Affaires étrangères français, Paris a également dit soutenir les sanctions économiques et financières de la CEDEAO.

Le même jour, les putschistes accusaient Paris de se préparer à « intervenir militairement », selon l'AFP.

Dans une autre déclaration publiée samedi, M. Borrell avait annoncé que l'UE suspendait « sine die et avec effet immédiat » toute coopération en matière de sécurité. 

Interrogée par EUROPE sur le nombre de personnes de la mission de partenariat militaire EUMPM Niger (EUROPE 13197/22) encore sur place, une porte-parole de l'UE a joué la prudence : « Pour des raisons de sécurité, nous ne communiquons pas le nombre de personnes actuellement sur le terrain ». Cette mission PSDC avait été lancée en février dernier (EUROPE 13125/11).

Lundi, l'Allemagne annonçait suspendre sa coopération bilatérale avec le Niger. La menace de suspension du soutien budgétaire direct de l'UE au titre de la coopération au développement avec le Niger avait déjà été brandie la semaine dernière. (Aminata Niang avec Camille Cerise Gessant)

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