La réunion informelle des ministres de l’Emploi et des Affaires sociales, à Madrid, jeudi 13 et vendredi 14 juillet, a permis de renouveler l’importance du dialogue social pour faire face aux différentes transitions à venir dans le monde du travail, numériques ou liées à l’énergie et aux nouveaux emplois requis.
Elle a également souligné la nécessité de pouvoir mesurer les effets des investissements sociaux et de préserver la marge de manœuvre des investissements sociaux dans les politiques budgétaires des États membres, un sujet qui sera notamment abordé par les ministres en novembre prochain, lors du Conseil formel 'Emploi et Affaires sociales'.
Tels sont quelques-uns des enseignements livrés, vendredi 14 juillet, par les ministres espagnols du Travail et de l’inclusion sociale, Yolanda Díaz Pérez et José Luis Escrivá Belmonte, et le commissaire européen à l’Emploi et aux Affaires sociales, Nicolas Schmit, à l’issue d’une réunion qui a également abordé les discussions en cours entre partenaires sociaux européens sur le télétravail et le droit à la déconnexion.
Des échanges qui pourraient aboutir à un accord à la rentrée de septembre alors qu’une percée était attendue avant l’été.
« Il y a eu un consensus absolu » sur la nécessité de tenir compte des éléments de politique sociale dans l'exercice budgétaire 'Semestre européen', a dit le ministre José Luis Escrivá. « Il y a de plus en plus de clarté sur le fait que les politiques sociales renforcent l’efficacité économique et la prospérité, et pas le contraire », a-t-il ajouté.
Une réunion conjointe des ministres de l’Économie et des Finances et de l’Emploi et des Affaires sociales à la fin de l’année se saisira d’ailleurs de ce sujet, qui fait l’objet d’une feuille de route commune avec les autres présidences à venir du Conseil de l’UE.
Les ministres ont aussi abordé la question des revenus minimums, le ministre espagnol promettant là aussi une évaluation de la qualité des revenus minimums en Europe et des « itinéraires sociaux » pour retrouver le milieu professionnel. Il a aussi été question de parler du renforcement de la protection sociale des indépendants, où il existe encore « de grands écarts », a ajouté le ministre, des conclusions devant être présentées en novembre.
Pour sa part, le commissaire a insisté, à l’issue de la réunion, sur la nécessité de créer de bonnes conditions d’emploi, notamment pour les soignants et pour avoir des « soins de qualité ».
L’apprentissage et la formation tout au long de la vie et l’implication des partenaires sociaux pour mener à bien tous ces défis illustrent par ailleurs « la gouvernance économique et sociale que nous voulons », a dit le commissaire.
Il a également appelé les États membres à ne pas se focaliser uniquement sur les questions budgétaires, mais à préserver les équilibres et voir quels investissements sociaux peuvent contribuer à la cohésion des sociétés.
Madrid veut rester un 'laboratoire' social
Alors que les deux ministres sont en campagne pour les élections législatives du 23 juillet, ils ont mis en avant l’effet d’entraînement que peuvent avoir les politiques sociales espagnoles sur le reste de l’UE, Madrid voulant ainsi rester un moteur pour toute l'UE et devenir une référence pour le télétravail, le travail indépendant ou les droits des travailleurs des plateformes numériques.
Le commissaire Schmit, aux côtés des ministres, a confirmé le caractère positif de la récente réforme espagnole du marché du travail, qui permet aux travailleurs de changer de métier et d’évoluer dans un environnement sécurisé au niveau social, leur permettant de faire ces transitions. (Solenn Paulic)