L’eurodéputé français Mounir Satouri (Verts/ALE) a réuni autour de lui, mercredi 12 juillet, en marge de la plénière de Strasbourg, plusieurs élus d’autres groupes politiques et une représentante de la société civile venue de l’ONG EuroMed Rights pour dénoncer le recul démocratique en Tunisie et les arrestations arbitraires d'opposants politiques, comme la mise au pas des juges.
Alors que la Commission prépare un accord financier d'environ 1 milliard d’euros en faveur de la Tunisie, dont une partie (105 millions) ira à la gestion des frontières et aux actions pour prévenir les départs de migrants vers l’UE (EUROPE 13199/15), ces élus ont prévenu que le PE ne « laissera pas passer » ce type d’accord alors « que notre avis sera demandé » sur ces arrangements financiers, a déclaré le Français, dénonçant un « recul extraordinaire » des droits de l’Homme dans le pays depuis l’arrivée au pouvoir de Kaïs Saïed.
À ses côtés, le rapporteur spécial du PE sur la Tunisie, Michael Gahler (PPE, allemand), et le chef de la délégation Maghreb du PE, le Slovène Matjaž Nemec (S&D), ont fait état des mêmes dérives et d’un retour à la « période Ben Ali » avec des arrestations et mises au pas arbitraires et un mépris des règles de l’État de droit.
« Ma critique est que, quand on voit également le déclin économique et social du pays, l’UE a laissé faire et a continué à faire comme s'il n'y avait pas eu de changement fondamental en Tunisie », a dit l’Allemand. L’UE ne peut pas se rendre « complice » de ce recul, a renchéri le Slovène.
Karen Melchior (Renew Europe, danoise), de son côté, a appelé l'UE à tout faire pour aider le peuple tunisien.
Critiquant également la « passivité » des institutions européennes, Sara Prestianni, d'EuroMed Rights, a estimé que l’UE doit « clarifier que le respect des droits humains est un pilier central de la relation avec la Tunisie, si elle veut établir un partenariat fiable ».
Car, à ce jour, ce n’est un pays sûr « ni pour les migrants subsahariens ni pour les Tunisiens ». (Solenn Paulic)